Heureusement, le speaker et la programmation musicale n'ont jamais empêché de produire du bon football. Le stade de la Vallée du Cher en est une preuve vivante. Les joueurs de Daniel Sanchez et de Gernot Rohr ont en effet puisé leur inspiration ailleurs que dans la musique assourdissante passée en boucle dans les travées.
Il semble, en revanche, qu'elle ait sérieusement perturbé la ligne de tir de Jean-Claude Darcheville. Évoquer les deux ratés de l'attaquant guyanais suffit à résumer la première période du FC Nantes et les problèmes offensifs que rencontrent depuis quelque temps l'attaque de Gernot Rohr. À croire que le tandem Klasnic-N'Diaye n'a pas trouvé son double. Disposer de deux faces à face avec le gardien adverse n'est pas anodin. La première fois, à la 22', Darbion était à la passe, mais l'ex-Valenciennois a tardé à armer sa frappe, déviée au passage par Atik. Dix minutes plus tard, Abdoun s'est offert un récital dont il a le secret sur son côté gauche mais le numéro neuf du FCN a préféré la reprise en force, là où une once de finesse aurait certainement fait l'affaire.
Pour le reste, les coéquipiers d'Harlington Shereni ont contenu une équipe appliquée, académique, mais un brin trop joueuse, grâce notamment à l'activité de Vainqueur dans l'entre-jeu ou les interventions de Jarjat et de Sambou au sein d'une charnière centrale inédite. Les Nantais ont en effet été rarement pris à défaut, si on excepte un mouvement à trois conclu par une frappe trop croisée à ras de terre de Giroud, ombre du meilleur buteur de L2 hier soir (22'). Bien sûr, le FCN a dû repousser quelques vagues bleues à la fin du premier quart d'heure où dès le retour du vestiaire, avec une frappe enroulée de Belghazouani. Dire qu'il ne s'est pas fait quelques sueurs froides serait mentir. La main de Sambou oubliée par l'homme en noir, la supériorité numérique endiguée par le Sénégalais (62') alors que Giroud réclamait désespérément le ballon ou encore la frappe cadrée d'Atik (73') repoussée sur la ligne par Jarjat, venu suppléer Kamenar, prouvent que les troupes de Gernot Rohr n'ont pas toujours été souveraines.
Gernot Rohr avait malgré tout encore le sourire. Pour une fois, Nantes ne cédait pas à ses mauvaises habitudes. Seulement, le naturel est revenu au galop. Le FCN est toujours capable de marquer. Zerka avait manqué le cadre sur un centre de Tall (56'), le Marocain a en revanche réalisé la passe juste pour Tenema N'Diaye à la 71'. Entré en lieu et place d'Abdoun au repos, l'ex-Tourangeau s'est rappelé au bon souvenir de son entraîneur. Là où Darcheville avait échoué, le Malien n'a laissé aucune chance à Salin (1-0 à la 71') et inscrit son cinquième but en autant de rencontre. L'histoire ne s'est pas arrêtée là. Le FCN a encaissé son petit but habituel et écopé de son troisième carton rouge depuis le début de saison. Dans l'ultime minute, Jarjat s'est en effet pris les pieds dans le grand Giroud que Kamenar a fauché en plein vol. Victime puis bourreau, Giroud a inscrit son huitième but et Nantes laissé échapper deux points.
Ce soir à 22 h 30, le FC Nantes en saura un peu plus. En se rendant tout à l'heure sur la pelouse du 4e du championnat, invaincu depuis le 30 août (quatre rencontres) et qui a fait le plein (3 matches, 3 victoires) sur sa pelouse - où il n'a plus perdu depuis 13 matches - la formation de Gernot Rohr se voit offrir un vrai test. « Les chiffres parlent d'eux-mêmes, estime le coach nantais. C'est une équipe dans une bonne dynamique. Athlétique aussi, avec trois joueurs à plus d'1,90m. C'est un groupe costaud, qui va de l'avant, ce sera pour nous un test très intéressant. »
À Tours, les Canaris seront confrontés à la formation révélation de la saison passée, capable pour sa première saison à ce niveau de jouer le haut de tableau : le groupe de Daniel Sanchez était resté dans la course à la montée jusqu'à la 38e journée avant de finalement terminer 6e.
Certes, l'équipe d'Indre et Loire a perdu ses cadres - l'ancien Nantais Ca, le néo-Nantais N'Diaye, le meilleur défenseur de Ligue 2 Laurent Koscielny - mais les ambitions sont restées les mêmes. La présence dans ses rangs du meilleur buteur du championnat, Olivier Giroud (7 réalisations) le démontre.
Même si Daniel Sanchez regarde plutôt dans ses lignes arrières. « Je suis content de disposer de mes défenseurs centraux, Santos et Saïdi, sur lesquels je n'ai pas pu m'appuyer depuis le début de saison. On devrait être un plus consistants sur le plan défensif. »
Nantes devra, lui, être plus constant. C'est le mot d'ordre de Stéphane Darbion : «On dispose encore d'une grosse marge de progression dans le jeu. On doit disposer de plus de maîtrise collective, savoir gérer les temps forts et les temps faibles. Si on l'emporte, on fera un écart conséquent et ce sera un signe. Comme si on ramène un point. »
En tout cas, Florian Jarjat voit, là « un beau challenge. Si on gagne, on conforte notre 2eplace. Il faudra être solide défensivement, car on sait qu'on se procurera des occasions. Ce sera un match difficile. Il faut gommer les petites erreurs et être capable de gagner 1-0 comme le fait Caen. »
L'ombre du leader, qui a joué vendredi et qui compte ce matin 4 points d'avance, plane donc encore au-dessus des têtes nantaises. Celles-ci auront à l'esprit un classement qui, en cas de défaite, commencerait à être significatif... y compris pour Tours qui reviendrait à une unité de son adversaire du jour. Et avant d'en savoir plus, Stéphane Darbion commence par prévenir qu'il faudra « en faire plus.»
Le podium dans la ligne de mire pour les Vannetais, l'envie de s'extirper de la zone de relégation pour les Ajacciens. Bretons et Corses avaient des objectifs diamétralement opposés au coup d'envoi. Mais les lois du football rejoignant parfois celles de la physique, les contraires ont tendance à s'attirer. Ce qui se vérifie ce matin au classement, les joueurs d'Olivier Pantaloni grimpant vers le milieu de tableau lorsque ceux de Le Mignan y glissent incidemment.
Et des accidents, il y en a eu au moins deux de trop en première période. Deux errements défensifs qui permettaient aux Ajacciens de revenir aux vestiaires avec un doublé d'avance au tableau d'affichage. C'est d'abord Laurent Hervé qui manquait une relance plein axe : Viale en profitait pour décaler Kinkela qui repiquait au centre et, après avoir passé la défense en revue, trompait d'une frappe à ras de terre Benvegnu (0-1, 13'). Première sortie de route.
Solidité corse, impuissance vannetaise
Le deuxième écart aux règles de « bonne conduite défensives » mettait en cause deux contrevenants récidivistes. Déjà coupables d'un manque de concertation à Avignon une semaine plus tôt, Guillon et Benvegnu péchaient à nouveau par manque de communication. Sur une longue ouverture de Medjani, et alors que le gardien vannetais semblait pouvoir intervenir, Guillon détournait du pied le ballon... qui atterrissait dans ceux de Viale, ce dernier décochant une volée victorieuse (0-2, 33'). Misère, misère...
Ce coup de Trafalgar à la mode corse ruinait les efforts, un peu désordonnés il est vrai, des Vannetais. Dja Djédjé avait bien alerté Debès d'une frappe croisée (19'), avant que Leugueun ne l'alerte aussitôt pour un nouvel essai contré par le portier (20'). Gimbert avait bien tenté sa chance (39', 47') mais une fois encore le Voc souffrait au milieu. Toute l'impuissance de l'axe morbihannais se trouvait résumé dans cette frappe dévissée de Kamissoko qui hésitait entre le tutoiement de la Grand Ourse et un clin d'oeil à la pleine Lune (72').
A la peine techniquement, et malgré une bonne volonté évidente, les Bretons arrivaient encore à se faire peur sur une balle perdue par Kamissoko (80') ou une sortie ratée de Benvegnu (83'). Et finalement, il y aura plus de mal que de peur, les Vannetais encaissant un dernier but sur une superbe frappe d'André qui, de 25 m, trouvait la lucarne de Benvegnu (84'). Un épilogue finalement plutôt logique pour une défaite, la première à domicile, qui n'est pas sans poser quelques questions
Hormis le point ramené d'Arles vendredi, les Vannetais n'avaient pas de quoi être vraiment satisfaits. Surtout après l'égalisation malheureuse de Loïc Guillon dans son propre camp à deux minutes de la fin.
Mais ce qui semblait chagriner le plus Stéphane Le Mignan, c'était évidemment la prestation de ses joueurs : « Je me suis forcé à revoir le match. Une rencontre d'une qualité technique très moyenne avec un contenu technique assez pauvre. On ne peut pas dire que ça a été un grand moment de football. »
Aussi, durant cette semaine, Stéphane Le Mignan s'est efforcé de redonner du peps à son groupe. Ce qui n'a pas forcément été évident : « Compte tenu des absences de plusieurs éléments, on a du improviser. Ça a plus ressemblé à du bricolage qu'à autre chose. »
Des séances à la carte, avec un groupe plus ou moins étoffé au fil de la semaine... Bref, une semaine trop compliquée pour bien se préparer : « On n'est pas forcément dans les meilleures dispositions, mais il est important de retrouver les qualités qui nous avaient permis de battre Châteauroux il y a 15 jours. »
Quatre points en regardant vers le haut, quatre points en regardant vers le bas. Vers quelle zone allaient se diriger les Guingampais à l'issue de ce voyage dans le Gard ? C'était tout l'enjeu de cette rencontre.
À regarder les premières minutes, le doute n'est pas permis. Guingamp est bel et bien au-dessus de son hôte. Et d'ailleurs, En Avant doit ouvrir le score très rapidement. Après un superbe échange Ogounbiyi - Giresse dans les boulevards de la défense gardoise, Giresse se présente devant Puydebois, mais il n'attrape par le cadre. Une première grosse occasion, malheureusement sans suite.
Car Guingamp, un peu suffisant, laisse tranquillement les Nîmois prendre confiance en eux. Le pressing trop lâche et les espaces trop larges incitent en effet les hommes de Cavalli à s'engouffrer. Ce qu'ils font sans problème jusqu'à l'arrière-garde costarmoricaine, bloc bien difficile à bouger. Et quand ils parviennent à trouver un angle de frappe, les Gardois ne cadrent pas non plus (14', 38'). Ou alors, c'est Trévisan qui s'impose (15'). Guingamp, en panne d'inspiration, parvient néanmoins à se procurer une autre bonne situation, mais Allaoui, servi par Ogounbiyi, est gêné dans sa frappe (28').
Peu après la pause, les Guingampais obtiennent leur punition pour cette première période insipide. Un festival de mauvaises relances permet aux Nîmois de s'installer devant le but de Trévisan, la touche finale étant assurée par Bassila lui-même. Aux abois, la défense bretonne laisse Mandrichi remiser pour Stosic qui marque dans le but vide (1-0, 55').
Un peu vexés d'être menés par plus faibles que soi, les Guingampais réagissent en faisant un peu plus vivre le ballon. Mais la machine costarmoricaine est grippée en profondeur, aucune solution collective ne se dégageant malgré leur toute nouvelle possession du ballon. Et, comme souvent dans pareil cas, l'adversaire manque d'un rien de profiter d'un contre, mais Ayité est trop court (75').
En fin de match, comme un symbole, Diallo voit sa tête renvoyée par la barre transversale de Puydebois (87'). Puis, sur un centre au second poteau, Mandrichi, dans un angle impossible, parvient à doubler la mise. Sans que ni Bodin, ni Koné, ni Trévisan ne parviennent à l'en empêcher (2-0, 88').
Et Guingamp glisse doucement dans la deuxième partie du classement...
439 minutes. C'est le temps de jeu qui s'est écoulé entre le but de Mathis à Hambourg et celui d'Allaoui contre Bastia. Entre les deux, le néant. Mais la réalisation du géant marocain, qui a permis à Guingamp de prendre un petit point la semaine dernière, a-t-elle pour autant réglé les maux offensifs de son équipe ? Non, évidemment. « Mais je ne peux pas demander 100 % de réussite à un attaquant » rétorque Victor Zvunka.
L'entraîneur réclame donc un quota d'occasions plus élevé. « On en a eu quasiment aucune à Tours et à Istres, pas beaucoup plus à Brest, un peu plus contre Caen. En revanche, contre Bastia, le ballon a un peu mieux tourné. Le match aurait dû être plié à la 20e minute. Nous avons été plus performants dans la construction, mais je ne me satisfais pas de ça. Nos progrès demandent à être confirmés ».
Une défense moins sereine
Jusqu'ici, le secteur offensif était le principal sujet d'attention. Mais, depuis quelque temps, la prestation défensive des Guingampais n'est plus aussi aboutie. L'absence de Deroff, blessé pour de longues semaines, n'y est sans doute pas totalement étrangère. Mais celui qui retient le plus l'attention est Bakary Koné. Révélation la saison dernière, l'international burkinabé est un peu plus à la peine cette saison. Son coach ne fuit pas le sujet. « On en a parlé ensemble, il doit se reprendre, au même titre que d'autres. Mais je n'oublie pas qu'il a été très bon contre Caen ».
Mais Victor Zvunka ne s'arrête pas à ce cas particulier. « Défendre n'est pas qu'un problème de défenseurs. C'est lié à l'équilibre de l'équipe, explique-t-il. Cette saison, nous avons changé notre façon de jouer. On joue en 4-4-2, et l'équilibre est encore à parfaire. Ceci dit, les buts que nous prenons sont avant tout liés à de grosses fautes individuelles. Et je rappelle quand même que la défense reste notre point fort, puisque nous sommes la deuxième meilleure défense du championnat. Quand on est solide derrière, comme à Istres, on est très difficile à bousculer ».
« Apporter le danger devant »
Contraint au nul par Bastia, Guingamp nourrit l'ambition de prendre trois points ce soir dans le Gard, chez un autre mal classé. Mais, bien sûr, les joueurs de Jean-Michel Cavalli ont également des prétentions. 17e au classement, Nîmes est toujours à la recherche de sa première victoire à domicile. Ils restent sur une défaite concédée à Nantes, et sur un premier but qui a beaucoup fait rire en début de semaine. Puydebois, le gardien nîmois, et ses partenaires auront certainement à coeur d'effacer cette image de la mémoire de leurs supporteurs. « La meilleure façon pour qu'un adversaire ne prenne pas confiance,annonce Victor Zvunka, c'est d'apporter le danger devant et d'être solide derrière. » Ça peut aussi servir de recette pour une victoire.
Face à leur ancienne équipe, Grougi et Lesoimier ont été de tous les bons coups, hier soir. Après une mise en bouche signée Haquin pour les Auvergnats (4'), c'était Grougi qui s'était signalé le premier, en adressant un centre qui filait devant le but de Fabre (9'). Le gardien clermontois s'en sortait bien, mais allait beaucoup moins goûter la suite. Sur une combinaison parfaitement huilée à l'entraînement, Grougi feignait de poser son coup franc devant le but, pour adresser le ballon plein axe à l'entrée de la surface. Lesoimier avait décroché et, du plat du pied droit, laissait Fabre sans réaction (1-0, 15'). Un second but consécutif à Le Blé pour l'ancien Troyen et, surtout, déjà la cinquième passe décisive de l'exercice pour Grougi.
Les affaires bretonnes se présentaient, donc, plutôt bien. Mais s'ils parvenaient toujours à ressortir les ballons, les Brestois avaient désormais du mal à les hisser devant le but auvergnat. Les hommes de Der Zakarian, en revanche, commençaient à pointer sérieusement le bout du nez. Déjà chauffé par Yatabaré (24'), Elana s'envolait pour enlever de sa lucarne un essai d'Ekobo (29'). Sur la lancée de ses dernières sorties, le gardien brestois enrayait aussi du pied le rush de Haquin (31'), avant que... Grougi, d'un ultime coup-franc, n'oblige Fabre à sortir le grand jeu (45'+1).
Clermont finit à neuf
À la pause, le Stade brestois était donc sur la bonne voie, mais encore loin d'être à l'abri. Benatia se chargeait d'ailleurs de le rappeler à un Elana toujours vigilant (53'). Mais c'était à nouveau Grougi qui allait à nouveau faire très mal à ses anciennes couleurs. Parfaitement servi par Lesoimier dans l'axe, le milieu de terrain finistérien obligeait Abdoulaye à intervenir en position de dernier défenseur. M. Schneider voyait rouge, c'était à dix que les Clermontois allaient devoir faire les efforts pour revenir...
Grougi quittait alors l'aire de jeu sous les applaudissements de Le Blé (76'). Reste que ses partenaires n'avaient pas encore assuré l'essentiel. Et sur un coup-franc de Chaussidière, Salze devait s'appliquer pour manquer le cadre de la tête, tout seul à 3 m du but (78') ! Lancé par Lesoimier, décidément excellent hier, Bigné manquait l'opportunité de sceller l'affaire (80'). L'ancien Rennais rendait la politesse à son partenaire, qui échouait lui sur le petit filet (84').
Alors que Madouni, coupable d'un tacle trop dur sur Bigné, laissait Clermont finit à neuf, c'était finalement Lorenzi, tout juste entré en jeu, qui faisait exploser le stade de joie en concluant un travail d'Ewolo (2-0, 90'+2). Après la victoire face à Guingamp, le Stade brestois venait de s'offrir une nouvelle belle soirée à Le Blé.
Pour motiver ses troupes, Michel Estevan, le coach arlésien, a l'habitude dire que son équipe est « la plus mauvaise de Ligue 2, tactiquement et techniquement ». Et qu'elle doit donc compenser par un état d'esprit irréprochable plus un mental à toute épreuve. De l'intox bien sûr, quoique... Sur ce qu'on a vu en première période, on serait plutôt porté à le croire. Et comme le Vannes OC a décidément du mal à produire du jeu en ce début de saison, on a eu tendance à s'ennuyer ferme durant les quarante-cinq premières minutes.
Et pourtant, tout aurait pu être différent si Reset avait trouvé l'ouverture dès la 4'minute de jeu. Servi par Gimbert, après une remontée de balle de 40 m, le milieu de terrain vannetais se présentait seul face à Merville, mais sa frappe trop molle était repoussée par le pied du portier arlésien. Que dire d'autre ? Entre les longs dégagements, les mauvais contrôles et une succession de duels plus ou moins maîtrisés, on avait du mal à s'y retrouver. Peu mise en danger, la défense morbihannaise allait pourtant connaître une frayeur suite à un corner de Psaume, renvoyé dans l'axe. Piocelle armait une demi-volée, mais le ballon était contré sur la ligne par Martot (38').
Gimbert ouvre le score
On n'avait pas aimé la première période, est-ce qu'on pouvait espérer apprécier la seconde ? À vrai dire, ça repartait sur les mêmes bases. C'était solide, généreux dans l'effort comme on dit, mais Arlésien comme Vannetais faisaient preuve de beaucoup trop de déchet technique pour proposer une animation de qualité. N'Diaye centrait bien devant le but de Benvegnu mais personne ne pouvait reprendre le ballon (58'). Un petit coup de patte de Sammaritano à destination de Gimbert laissait entrevoir une possibilité de s'enthousiasmer mais le juge de touche avait levé son drapeau (70'). Décidément, quand ça ne veut pas sourire...
Restait une carte à abattre : celle des coups de pieds arrêtés. Et justement, suite à une faute de Psaume sur Quintin, le Voc bénéficiait d'un coup franc. Sammaritano trouvait Guillon qui remettait de volée sur Gimbert, ce dernier se couchant parfaitement sur le ballon pour placer une nouvelle volée victorieuse (0-1, 75'). Une combinaison parfaite et un bijou technique qui éclairaient une soirée bien fade. Mais alors que les Vannetais s'acheminaient vers une troisième victoire consécutive, ils allaient céder sur un but gag : sur un long centre de Psaume, Benvegnu repoussait le ballon du pied sur Guillon qui le contrait bien malencontreusement dans son but (1-1, 88'). Rageant même si le Voc affiche une troisième rencontre consécutive sans défaite.
« Les similitudes avec le Vannes OC de la saison dernière sont bien réelles. On a le plus petit budget de L2 (6,5millions d'euros), on joue le maintien et pour l'instant on est sur la dynamique de la montée. » Romain Reynaud est bien placé pour s'essayer au jeu des ressemblances. Lui, l'ancien défenseur du Voc, aujourd'hui à Arles, et qui a toujours en travers de la gorge le fait de n'avoir pas été conservé au sein de l'effectif vannetais promu en Ligue 2. Il voulait signer son premier contrat pro avec Vannes, il l'aura fait deux saisons après en Provence, après une saison galère à Libourne. « La cicatrice vannetaise n'est pas refermée. On fêtait la montée en Ligue 2, je venais d'avoir mon fils et puis je n'ai pas été conservé. Sans recevoir la moindre explication du coach, alors qu'il avait promis de m'appeler. Je m'étais consacré à fond pour le coach et le club et je n'ai pas été récompensé. J'ai eu le sentiment d'être trahi, ça m'a fait mal. »
Faire face physiquement
Reste alors les amis, qu'il croisera ce soir sur la pelouse d'Avignon. Et notamment Fred Sammaritano, connu à Yzeure. « Avec Romain, on se téléphone presque tous les jours,confirme l'attaquant breton. On est devenu vraiment proche, à tel point qu'il m'a demandé d'être le témoin de son mariage. On peut effectivement dire qu'il fait partie de mes meilleurs amis.C'est assez rare de jouer contre un aussi bon pote. Ce sera certainement très curieux de se croiser sur le terrain, mais il n'y aura pas de sentiment. Je sais qu'il a très envie de prendre sa revanche sur le Voc et qu'il a très envie de nous battre. »
Et question duels, Arles-Avignon est visiblement bien armé, guidé également par l'expérimenté Sébastien Piocelle au milieu. « Romain m'a dit que nous allions souffrir,poursuit Sammaritano. Ils sont remontés à bloc. Arles est une équipe qui joue beaucoup sur l'impact physique, il y a un réel engagement, ce qui devrait nous poser pas mal de problèmes. »
« Le coach nous dit, j'espère qu'il ne le pense pas sérieusement, que nous sommes la plus mauvaise équipe tactiquement et techniquement. Et donc que nous devons faire la différence sur notre mental, notre état d'esprit », explique Romain Reynaud. Un mental qui permet aux Arlésiens d'être toujours invaincus à domicile (deux victoires et un nul). Pour Vannes, li s'agira donc, dans la lignée de ce qui avait été fait à Nîmes, de faire le dos rond pour prendre au moins un point. Et ainsi oublier l'élimination en Coupe de la Ligue, mardi à Clermont.
Le FC Nantes est revenu à hauteur du Stade Malherbe de Caen pour lui ravir, provisoirement, la casaque de leader de la Ligue 2. Une victoire sur Nîmes (2-1), la 4e en quatre matches à la Beaujoire depuis le début du championnat, conforte son statut de gros bras de la division. Pas de quoi, toutefois, justifier la notoriété mondiale dont s'apprête à jouir le club de Waldemar Kita.
Depuis hier soir, le FC Nantes affole les compteurs des sites de vidéo-partage grâce au but express et en même temps gag inscrit par Rémi Maréval. Express, car le temps d'un coup d'envoi, de deux à trois passes, d'un tir de plus de 60 m et d'un rebond capricieux, Nantes a mené 1-0. On jouait depuis à peine dix secondes. Gag, car le gardien de but nîmois Nicolas Puydebois, trompé par le rebond aérien, s'est inutilement fendu d'une parade casquette pour devenir une vedette du Net.
Au-delà de l'anecdote, ce but a évidemment pesé sur les débats. Les Nîmois de Jean-Michel Cavalli ont vainement tenté de combler ce handicap. Un handicap d'ailleurs vite doublé, puisque Darbion a corsé l'addition dès la 17'. Mais alors qu'ils auraient pu sinon dû lâcher le match, les Gardois ont fait montre de grosses qualités mentales. « Certains ont pensé que je faisais de l'obsession en vantant les qualités de cette équipe nîmoise, a eu beau jeu de rappeler Gernot Rohr. Elle a été agressive, bien en place, organisée et dangereuse comme je l'avais annoncé. »
« On a encore beaucoup de travail »
Des qualités suffisantes pour dérégler une mécanique nantaise loin de tourner comme une horloge. « On a encore beaucoup de travail, convient l'entraîneur du co-leader, et notamment apprendre à gérer un 2-0. » Une manière de dénoncer l'offrande de la réduction du score dont s'est rendue coupable son équipe.
« On a relancé notre adversaire, quand on aurait dû se mettre définitivement à l'abri, tance le Franco-Allemand. On n'a pas bien géré le remplacement de Papa Malick Ba (sorti sur blessure aux adducteurs dans le temps addtionnel de la 1re période). On aurait dû mettre le ballon en touche... au lieu de ça, on prend un but qui fait mal juste avant la pause. »
Mais heureusement pour Darcheville et ses partenaires, les Nîmois se sont montrés incapables d'effacer la totalité du handicap. « Et c'est la leçon qu'il faut retenir, s'est désolé Jean-Michel Cavalli, l'entraîneur gardois. On a fait au moins jeu égal sur l'ensemble du match et, en 2e période, le minimum aurait été qu'on en mette un de plus. Mais on n'a pas été décisifs. » Et l'entraîneur des Crocodiles de déplorer « au moins 3 occasions très nettes » et surtout « un but de trop à l'arrivée ».
De son côté, sans s'illusionner sur les insuffisances de son groupe, Gernot Rohr a mis en avant « les 3 points de la victoire. Et si on veut monter, il faut des points comme ça. » Et l'entraîneur nantais de mettre en exergue « les 4 points d'avance que nous avons sur le 4e » plutôt qu'une « place de leader qui ne m'intéresse pas ».
Une façon, sans doute, de convenir, que l'équipe nantaise n'a pas encore le jeu, ni l'étoffe d'un leader. Trop de buts, trop de cartons, trop d'occasions gâchées, trop de déchets techniques, trop d'approximation tactique...
Resserrer la garde face aux Gardois : ce sera l'un des thèmes de la soirée à la Beaujoire. Depuis la 2e journée et la réception d'Istres, le FC Nantes a secoué les filets adverses à chacune de ses sorties. Mais la correction infligée aux Provençaux reste à ce jour le seul feuillet vierge dont peut s'enorgueillir la troupe de Gernot Rohr. Crédité de l'attaque la plus rentable (14 réalisations), le FC Nantes paie cash ses atermoiements et sautes de concentration dans la zone d'influence de Lubos Kamenar.
Le constat n'a pas échappé au technicien franco-allemand. «C'est une question d'équilibre. La défense, ça commence par les attaquants. Mais on doit aussi bannir les gestes superflus derrière. C'est dans la nature de mes défenseurs. On doit se faire violence. Et on a encore des problèmes de communication avec notre gardien.»
La solidification de l'édifice passe donc par une implication accrue des postes avancés. Et par ricochet sur les lignes arrières. «Ce n'est pas une question de laxisme dans le replacement. C'est tout un bloc qui est concerné, des attaquants aux gardiens. Il faut notamment qu'on parvienne à trouver les signaux pour que tout le monde presse en même temps» appuie Stéphane Darbion.
Le successeur d'Elie Baup ne veut pas changer la méthode, seulement muscler le discours, gommer les scories. «On veut cultiver notre penchant pour l'attaque, mais on doit aussi essayer de progresser dans le domaine défensif, sans jouer derrière, car on est portés vers l'avant. On ne doit pas tomber dans l'autre extrême.»
Nîmes aussi redoutable que Caen
Depuis le coup d'envoi du championnat, les Canaris, qui tournent à une moyenne providentielle de deux points par match, n'ont jamais été mis au supplice. Mais ils ont trop souvent été sanctionnés pour négliger la venue de Crocodiles mis à sac à Bastia (1-6, 3ejournée) et qui nagent dans des eaux moins troubles depuis. L'escouade de Jean-Michel Cavalli a engrangé cinq points lors des trois dernières journées. Elle a notamment marqué l'esprit du coach nantais après son succès au Havre (2-0, 6e journée), «un exploit.»
Et Gernot Rohr de souligner la «dynamique» sudiste née dans la douleur à travers un maintien obtenu sur le fil qui constitue à ses yeux un autre exploit.
L'entraîneur érige même le 14e de Ligue 2 avec deux points d'avance sur le premier relégable, en épouvantail...
Le Nîmes Olympique constituerait ainsi l'adversaire «le plus fort» que Nantes ait à affronter depuis le déplacement à Caen, les Gardois excellant par leur faculté à «faire déjouer les adversaires. Il faudra marquer rapidement un but pour qu'ils se découvrent.»
Le scénario idoine pour vérifier qu'en terme de solidité, les Canaris n'en restent pas au stade des intentions.
Une semaine après le derby raté à Brest, Guingamp était attendu au tournant. Et encore une fois, En Avant a déçu. Vaillant, mais inefficace face aux modestes Bastiais, privés de sept joueurs, le club des Côtes-d'Armor a concédé un nouveau nul, vendredi soir, sur sa pelouse. Le troisième en quatre matches depuis l'ouverture (Angers 0-0, Caen 0-0).« Prendre un point, c'est insuffisant surtout quand on joue à la maison »,reconnaît l'entraîneur Victor Zvunka dont l'équipe n'a réussi qu'une seule fois à s'imposer au Roudourou cette saison, contre Vannes (4-1, 4e journée). « On doit se contenter de ce point que nous aurions tout aussi bien pu ne pas prendre car à un moment, je nous voyais mal... »
Un manque de percussion
Malgré toute la bonne volonté des Ogounbiyi, Giresse et autre Mathis, la fébrilité guingampaise a été criante face aux Corses. Pertes de balle dans les premières transmissions, relances hasardeuses, centres mal dosés : Guingamp a peiné et piétiné. Ne devant son salut qu'à un coup de tête de son nouvel attaquant Mustapha Allaoui qui, pour sa première titularisation, a sorti En Avant d'une bien mauvaise posture, en égalisant à la 79e minute.
« Revenir au score en seconde période, c'est mérité sur l'ensemble du match,commente Victor Zvunka. J'espérais qu'on puisse en mettre un autre au fond, mais on a manqué de présence dans les duels. On n'a pas mis assez de pression sur l'adversaire. On avait pourtant bien débuté la rencontre mais au bout d'un quart d'heure, on s'est retrouvé à reculer au lieu d'avancer. On a laissé un peu plus de liberté à cette équipe de Bastia, bien en place, qui a joué les coups à fond. Les Corses sont sortis très vite en contres et leur défense a été solide. Il a fallu rester très vigilant jusqu'au bout. »
Devant un tel contexte, Guingamp n'avait plus qu'à sauver l'essentiel devant un public en colère et un kop rouge qui n'a pas hésité à manifester son dépit en lançant des tribunes:« Mouillez le maillot ! »
Coup de chauffe dans les oreilles de Victor Zvunka qui va devoir hausser le ton et mettre les bouchées doubles à l'entraînement pour corriger les lacunes.
« On a manqué de percussion et on a encore du mal à faire la bonne passe à l'approche des 30 derniers mètres. On doit s'améliorer dans ce secteur si on veut gagner des matches »,lâche l'entraîneur breton qui s'accroche, tant bien que mal, aux seuls points positifs de la soirée.
« Par rapport à notre dernière sortie à Brest, on s'est procuré plus d'occasions. C'est déjà un pas en avant. On a également retrouvé le chemin des filets (ndlr: Guingamp n'avait plus inscrit le moindre but depuis le 21août et le succès face au Voc). Avec Thibault Giresse repositionné côté droit après la sortie d'Ogounbiyi, Allaoui a montré des choses intéressantes. »
Le Brésilien Gilmar, entré en cours de jeu (56'), a aussi apporté « plus de mouvement », avec une réelle capacité d'accélération aux abords de la surface, comme ce une-deux avec Giresse en toute fin de partie.
« Mais ce ne sont que des bouts de match,poursuit Victor Zvunka. Maintenant, j'aimerai de la continuité et du résultat. Allaoui est puissant et athlétique. Il dispose d'un bon jeu de tête. Avec un tel joueur, il faut des centres. A nous de bien travailler pour qu'on lui serve les meilleurs ballons. » Messieurs, au boulot!
Une équipe à trouver. En Avant possède des individualités en quantité et en qualité, du moins l'espère-t-on. Il lui reste à trouver son équipe, ce qui n'est pas fait. Un derby raté à Brest, une mi-temps très poussive face à Caen, des déplacements décevants à Tours (2-0) et Istres (0-0), aucun but marqué ces quatre dernières journées l'ont renvoyé sur la dure réalité du championnat. Dans un effectif profondément renouvelé, Victor Zvunka reconnaît qu'il n'a pas encore trouvé l'alchimie idéale. « C'est une question d'animation générale. Je cherche encore la bonne solution, concède-t-il. A Brest, par exemple, nous avons fait un « non match ». Pour l'instant, on a une addition d'individualités mais nous ne sommes pas encore une équipe. »
Un autre virage à négocier. Malgré ses tâtonnements, En Avant a la chance de n'être pas encore distancé par le haut de tableau (11e avec 3 points de retard sur le 3e). L'heure est cependant à réagir et à s'inscrire - enfin - dans une régularité de bonnes performances. Un virage que les Guingampais avaient raté au lendemain de leur beau succès sur Vannes (4-1). La venue de Bastia constitue un autre tournant. « Je ne me suis jamais leurré sur la nature de notre succès sur Vannes, insiste Zvunka. Je savais qu'on ne pouvait pas en faire une référence. Aujourd'hui, on compte neuf points et certains regrets. À l'extérieur, nous n'avons pas fait de matches de qualité et à domicile, nous n'avons pas toujours été bien payés de nos efforts. Bastia est un match important. Le moment est peut-être venu de travailler avec une équipe plus stable, de réduire les changements. Il y a aussi des paires qui ne vont pas ensemble. »
Bastia diminué. Complémentarité et équilibre oui, mais pendant que l'entraîneur cherche la bonne solution, ses joueurs doivent aussi endosser leurs responsabilités. En multipliant les mouvements et les appels en profondeur, en faisant preuve d'une plus grande disponibilité autour du porteur du ballon, les Guingampais peuvent donner plus de vie au jeu et trouver cette profondeur qui leur fait tant défaut. Mal classé et diminué par une cascade de forfaits (Gaffory et Adenon suspendus ; Camara, Gomez, Barthelemy, Ghisolfi, Cubilier et Lingani blessés), Bastia doit envier l'opulence bretonne où Scarpelli, Delgado et Soumah n'ont pas été retenus dans les 16. « Bastia a des absents mais il a aussi besoin de points. Ils ne viendront pas seulement ici pour prendre l'air... C'est une équipe très bien organisée », promet Zvunka. Deux fois sur quatre, ces dernières saisons, les Corses ont gagné 1-0 au Roudourou. L'entraîneur guingampais ne peut pas l'avoir oublié, il avait fait ses débuts sur le banc d'En Avant, en 2007-2008, lors de la venue de Bastia.
C'est l'histoire du verre à moitié vide, à moitié plein. Le Stade brestois n'a peut-être pas gagné dans les Ardennes, mais les Finistériens n'ont pas perdu non plus. A l'extérieur, c'est toujours encourageant, surtout lorsque cela fait suite à trois défaites (Dijon en Coupe de la Ligue, Le Havre et Arles en Ligue 2) et un nul heureux (Châteauroux) hors de Le Blé.«Prendre un point en déplacement, c'est toujours un bon résultat», confirmait d'ailleurs Alex Dupont en salle de presse samedi soir.
Rapportée stricto sensu au résultat, l'issue est donc positive. Si l'on s'étend à la manière, difficile de ne pas émettre certains regrets dans le camp brestois. Le coach breton ne dissimulait ainsi pas une évidente frustration : «Gagne-t-on un point ou en perd-t-on deux? Le bilan est mitigé». Paradoxalement, la satisfaction comptable était ardennaise.«On aurait pu perdre, concédait sans détours Landry Chauvin, le technicien sedanais. On n'était pas dans un grand soir. Sur un coup du sort, on aurait même pu être punis en fin de match. Soyons lucides, c'est plutôt un bon point. On pouvait difficilement espérer plus.»
« Ça tourne en notre faveur, et ce n'est pas le hasard »
Ballottés dans le Berry il y a tout juste quinze jours, les Brestois n'ont cette fois pas subi, en dépit d'une première période en demi-teinte. «Ce n'est pas le même nul qu'à Châteauroux, insistait Dupont. Notre visage à l'extérieur s'améliore. L'équipe est en progrès, elle est sur une bonne dynamique. En ce moment ça tourne en notre faveur, mais ce n'est pas le hasard.» Là où ses joueurs auraient laissé échapper des points il y a peu, ils affichent désormais une nouvelle maîtrise. Moins, et non pas plus du tout, de passivité sur les coups de pied arrêtés ; moins de cadeaux défensifs (Le Havre, Metz, Nantes) ; moins de liberté laissée à l'adversaire ; plus de concentration tout simplement. Un credo pour Alex Dupont. «On ne subit pas et on ne fait pas d'erreurs.»
Défensivement, le Stade brestois est donc sur la voie de la rédemption, offensivement, il n'attend plus d'être bousculé pour réagir. La meilleure défense est toujours l'attaque. Et l'action paie souvent plus que la réaction. «Quand on joue vraiment, on a des «occases»», constatait David Bouard. «Quand on joue sans retenue, ça va tout de suite mieux» poursuivait son coach. Tellement mieux que sa formation inspire l'estime de ses hôtes, dont Landry Chauvin fait maintenant partie : «Brest est une équipe dynamique. J'aime cette formation qui joue bien au football. Malheureusement, on ne lui a pas rendu la pareille.»
Les Brestois avancent...
Indéniablement, les Finistériens sont sur la pente ascendante. Possédant de surcroît, depuis leur victoire dans le derby, un match référence. «Ce jour-là, Brest a maîtrisé la rencontre du début à la fin», indiquait samedi soir Chauvin. «Quand on voit notre niveau face à Guingamp, des prestations comme celle-là on en redemande», ajoutait son homologue brestois. Le derby serait-il un déclic ? S'il est encore trop tôt pour le dire, les premiers signaux post-Guingamp sont probants. Brest ne perd plus, donc Brest avance. C'est le principal...
Les supporters brestois en parleront sans doute encore très longtemps. La victoire décrochée il y a une semaine face à des Guingampais en supériorité numérique a valeur de référence à plus d'un titre. Et même s'il a fallu attendre la seconde période pour que ça se décante, c'est l'ensemble de la copie qu'entend mettre en exergue Alex Dupont. « C'est certainement le match le plus accompli que l'on ait fait depuis le début de saison. L'équipe gagne en maîtrise. Elle progresse dans plusieurs domaines, comme la récupération du ballon, mais aussi sur le plan mental. »
Décoller en voyage
Sur les dix points que compte le Stade brestois après sept journées, un seul a été pris en déplacement (1-1 à Châteauroux). Battus au Havre et à Arles-Avignon, les Brestois espèrent désormais enfin décoller loin de leurs bases. « Mais pour cela, on devra faire preuve du même comportement que face à Guingamp. À l'extérieur, depuis le début de saison, on est apparu trop timoré, regrette Dupont. On doit se montrer plus entreprenant. Nous sommes sur une bonne dynamique. Il faut maintenant que cela se concrétise par des points à l'extérieur. » Et pourquoi pas dès ce soir, à Louis-Dugauguez ?...
Le test sedanais
« Sedan, c'est un club référence en Ligue 2. Ce sera un vrai match test pour nous. »Comme le souligne Alex Dupont, même s'ils connaissent un début de saison en dents de scie (16es avec 7 points), les Ardennais restent une valeur sûre de la Ligue 2. Et, accessoirement, de la Coupe de la Ligue, les Sangliers venant de sortir Auxerre de la compétition (3-1), après avoir étrillé Dijon au 2e tour (6-1)... « Mais le fait qu'ils aient joué mercredi ne sera sans doute pas un avantage pour nous, a déjà prévenu Dupont. Quand on gagne, on oublie vite la fatigue. »
Les souvenirs d'Alex
Ses trois matches de suspension purgés, Alex Dupont fera son retour sur le banc brestois, ce soir à Sedan. Non sans une certaine nostalgie, après avoir tenu les rênes de l'équipe ardennaise lors de la saison 2000-2001. « Je pense que c'est le meilleur souvenir de ma carrière. Déjà parce que c'était en Ligue 1, ce à quoi aspire tout entraîneur professionnel, et de plus dans un club où il y a aussi une tradition et une culture foot. Sans oublier que l'on s'était qualifié pour la Coupe d'Europe (les Sangliers avaient décroché leur billet pour la Coupe de l'UEFA en terminant à la 5e place de L1). »
Reste à espérer pour l'entraîneur brestois que sa collection de bons souvenirs sedanais se soit encore un peu plus enrichie, ce soir en quittant Dugauguez...
C'est fou comme une équipe peut changer en l'espace de quelques semaines. Et pas toujours de la meilleure des façons. Ainsi, il y a presque deux mois de ça, le 25 juillet, le Voc avait surclassé 4-1 la Berrichonne à Avoine lors de son dernier match amical. Cette fois, elle a dû compter sur une entrée en jeu décisive de Camara en fin de rencontre pour inverse le cours de la rencontre et s'imposer.
En première mi-temps, les Vannetais avaient pourtant fait preuve d'une certaine apathie. Laissant aux seuls Castelroussins le soin d'animer les débats. Ce qui obligeait rapidement Benvegnu à intervenir face à Constant (5') puis Baby (20'). Sans pour autant prendre l'ascendant sur leurs hôtes, les hommes de Dominique Bijotat affichaient par là une plus grande détermination. Et lorsque Gimbert ouvrait le score, ils avaient de quoi se sentir frustré.
Camara rentre et marque
Pas pour longtemps. Car après une première mise en garde de Grange (36'), restée sans suite, Koné ajustait Benvegnu, au millieu d'une défense vannetaise à l'arrêt (1-1, 40'). Le coup était rude pour les Vannetais mais amplement mérité à l'issue d'une première mi-temps décevante.
Si, au retour des vestiaires, les Castelroussins se montraient les plus prompts à se porter vers l'avant, avec une nouvelle frappe de Grange détournée de justesse par Faivre (50'), les Vannetais ne tardaient pas à prendre les affaires en mains. Plus agressifs, plus imaginatifs aussi, ils imposaient dès lors une pression constante sur la défense berrichonne. Laquelle était d'ailleurs poussée à la faute, mais Sammaritano manquait son penalty (57'). Mézague effleurait le poteau d'un coup-franc tiré en force (60'), alors que Gimbert touchait la barre (62'). La menace avait beau se préciser, la réussite, elle, n'allait pas forcément récompenser les plus méritants. Sur l'un des rares contres de la Berrichonne en seconde période, Hervé ne pouvait faire autrement que de bousculer Baldé dans la surface. Contrairement à Sammaritano, Constant, lui, ne gaspillait pas l'offrande (1-2, 68'sp). La pilule était d'autant plus dure à digérer pour les Vannetais que les Castelroussins étaient mis sur le reculoir.
Et alors que la situation semblait de plus en plus compromise au fil des minutes, la rentrée en jeu de Camara se révélait décisive. Outre l'égalisation, d'un coup-franc magnifique de 30 m (2-2, 75'), le jeune espoir rennais délivrait un caviar à Sammaritano qui parachevait là la troisième victoire du Voc, la deuxième de rang. Le Voc est désormais cinquième au classement.
Le FC Nantes est toujours invaincu. Dans l'intimité de leur étroit et rustique vestiaire de Furiani, beaucoup ont semblé s'en contenter. À commencer par Gernot Rohr, rarement aussi conciliant avec ses troupes. « C'est toujours un bon point de rentrer de Corse avec un nul. On aurait peut-être mérité mieux mais un point hors de nos bases, trois à domicile, et vous êtes champions. » Va pour ce résumé arithmétique. N'empêche, on serait plutôt enclin à partager la moue boudeuse ou songeuse de Djamel Abdoun. Les Canaris disposaient des arguments techniques et physiques pour donner une suite à leur série de trois victoires consécutives.
Surtout que Monsef Zerka leur avait indiqué le chemin à suivre d'une astucieuse reprise du pied gauche après seulement sept minutes de jeu, et ce suite à une nouvelle offrande de Djamel Abdoun. « Malheureusement, derrière on a abusé du jeu long » regrettait Florian Jarjat. « On a également éprouvé des difficultés à contenir Harek qui organisait leur jeu. » Le FCN a surtout perdu le fil de la rencontre en voulant se contenter de ce maigre avantage mais aussi en affichant un manque de spontanéité et une trop grande proportion à pousser le ballon plutôt qu'à le faire vivre. Les occasions sont devenues rares et la rencontre soporifique. Un peu à l'image de ce Furiani qui est au stade de football ce que le formica est au bois. Le jeu nantais s'est donc une nouvelle fois déroulé essentiellement sur le flanc gauche avec un Abdoun, toujours dans les bons coups (frappe sous la transversale à la 34') mais également un duo d'attaque, Darcheville-Zerka, moins en jambes et donc moins performant. Le FCN a aussi souffert d'une égalisation survenue trop vite (1-1 à la 25'). « Un petit moment de déconcentration » dixit Rohr, « un manque de rigueur » à écouter Jarjat, tout bonnement « une erreur défensive » comme la qualifiera William Vainqueur. « On a pris un coup derrière la tête, on a commencé à reculer et baissé d'un ton ». Maréval a encore laissé trop d'espace à Pierre-Yves André et la charnière Sambou-Pierre oubliée Gaffory.
Un quart d'heure d'errance que le FCN a tenté de corriger au retour des vestiaires en prenant les débats en main sans afficher pour autant une autorité suffisante pour inquiéter Novaes, du moins jusqu'à l'entrée du dernier quart d'heure. Gernot Rohr parlera avec excès« d'un extraterrestre » pour évoquer un portier bastiais tout bonnement heureux sur une tête à bout portant de Darcheville (56'). La reprise de Zerka suite à un service en retrait d'Abdoun (77'), celle de Tenema N'Diaye sauvée par Novaes (85'), peuvent constituer autant de regrets sur cette fin de match. « On a perdu deux points, c'est une grosse déception »reconnaîtra avec lucidité Jarjat. « On a tout bonnement fait le principal, à savoir ne pas perdre. On ne peut pas toujours gagner. » Une version minimaliste de Vainqueur, qui n'en était pas un hier soir.
Comme prévu. Pas de surprise dans la composition des équipes, hier, les deux entraîneurs ayant aligné les onze de départ annoncés.
La der de Dupont. Suspendu trois matches par la commission de discipline pour avoir dit sa façon de penser à l'arbitre M. Chat lors de la première journée face à Laval, Alex Dupont a passé hier sa dernière soirée en tribune (après les matches face à Nantes et à Châteauroux). Dès samedi prochain, à Sedan, l'entraîneur brestois retrouvera donc son banc.
Échauffourées. Les supporters des deux équipes avaient décidé d'en découdre et s'étaient visiblement donné rendez-vous via internet. Une très violente bagarre a ainsi éclaté dans une petite rue à quelques centaines du mètres du stade Francis-Le Blé. Une bonne trentaine d'individus surexcités se sont expliqués sur la chaussée, bloquant au passage la circulation durant quelques minutes.
Dédicaces. Une séance spéciale de dédicaces du poster officiel du Stade brestois se déroulera le mercredi 23 septembre, à partir de 17 h, à la boutique du club, 4 place de la Liberté. Tous les joueurs brestois seront présents.
Eudeline suspendu face à Brest. L'ancien Caennais et Guingampais Yohann Eudeline a écopé jeudi soir d'un match de suspension ferme, pour avoir été averti à trois reprises depuis le début de la saison (un en championnat et deux en Coupe de la Ligue). Le milieu de terrain offensif de Sedan sera donc absent pour la venue des Brestois au stade Louis-Dugauguez le samedi 26 septembre (19 h).
Guingamp: la première de Gilmar. Finalement qualifié après l'imbroglio administratif qui a suivi son transfert, le Brésilien Gilmar faisait ses débuts sous le maillot d'En Avant, hier soir à Francis-Le Blé. Victor Zvunka l'avait positionné dans le couloir droit. En son honneur, les supporters guingampais qui avaient fait le court déplacement avaient déployé un drapeau brésilien.
El Jadeyaoui sifflé. Il s'y attendait. Le nom de l'ancien Brestois Alharbi El Jadeyaoui a reçu une belle bronca lors de la présentation des équipes. Il en a été de même lorsqu'il a touché ses premiers ballons dans le couloir gauche.
Quelques derbys n'ont peut-être pas tenu leurs promesses par le passé. Celui-ci fut animé. Pas de moteur diesel de chaque côté. Devant une assemblée garnie (la meilleure de la saison à Le Blé), dès la 3e minute, Grougi adressait un coup franc brossé au 2e poteau. À la réception, Brou Apanga ne redressait pas suffisamment sa tête pour accrocher le cadre. Les Guingampais n'étaient pas en reste. Après avoir éliminé Daf d'un grand-pont plein axe, le jeune international des 19 ans, Hervé Bazile, enlevait trop sa frappe (5').
Très présents à la récupération - Alex Dupont avait d'ailleurs renforcé son milieu de terrain privilégiant un 4-2-3-1, avec Bigné associé à Ewolo devant la défense, à son traditionnel 4-1-4-1 - les Brestois s'offraient de nouvelles situations. Suite à une incursion côté gauche d'abord, Roux obligeait Trévisan à effectuer un arrêt en deux temps (12'). Le meilleur buteur du Stade brestois (4 buts) poussait ensuite Koné à une intervention illicite. Aux 20 mètres, le coup de patte parfait de Grougi ne trouvait que la transversale pour le priver de l'ouverture du score (22'). Intense dans les duels, la rencontre n'accouchait plus d'occasions franches avant la pause. Tout juste un tir du droit d'El Jadeyaoui nettement au-dessus du cadre était à signaler (34').
Dominateurs en première période, tout au moins au nombre d'occasions, les Brestois acculaient d'entrée leurs voisins costarmoricains au retour des vestiaires. Le centre au cordeau de Roux infructueux (49'), les Finistériens étaient ainsi récompensés de leurs efforts sur l'action suivante. Lesoimier héritait d'une ouverture millimétrée d'Ewolo dans le dos d'Argelier. L'ancien Troyen ne se faisait pas prier pour tromper Trévisan d'une frappe croisée (1-0, 54').
Un soulagement pour les Brestois... qui déchantaient dix minutes plus tard. Dans la foulée d'une tête de Brou Apanga renvoyée sur la ligne (de la main) par Argelier (63'), Bigné faisait voir rouge à M. Remy, l'arbitre de la rencontre (65'). Dur à avaler à la vue de son premier avertissement. Un mal pour un bien. Révoltés, les hommes de Dupont trouvaient à nouveau la clé sur un contre. À la récupération, Lesoimier alertait immédiatement Daf. Le latéral sénégalais lançait Roux. En face à face, l'attaquant peroxyde doublait la mise d'un petit piqué (2-0, 78'). En dépit d'une tête d'Allaoui (83') et d'un penalty de Grax bien arrêté par Elana (87'), il était dit que les Guingampais ne reviendraient plus. La défense brestoise n'a pas plié pour la 1re fois de la saison, Roux est co-meilleur buteur de Ligue 2... et Brest passe Guingamp au classement.
Revoilà Nantes sur le podium. Bien calé entre les deux dernières équipes invaincues (Caen et Châteauroux), avec, toujours, l'étiquette de meilleure attaque. Face à Strasbourg, les Canaris ont signé leur troisième succès en trois matches à domicile. Une belle affaire. Sportivement d'abord. Commercialement ensuite puisque Waldemar Kita avait vendu (ou plutôt offert) la soirée à ses clients perdus, sur le thème de la revanche. Pour le coup, la promesse a donc été tenue et l'idée que cette équipe a les arguments pour, une nouvelle fois, ne pas s'éterniser en Ligue 2, commence à faire son chemin.
Dans la plupart des secteurs du jeu, le FC Nantes a ainsi été largement supérieur au Racing. Au point de se remettre assez sereinement de l'ouverture du score alsacienne, survenue dès la 4e minute. Car si ce groupe ne semble encore pas toujours sûr de son jeu, il ne doute manifestement pas de son tempérament. Et encore moins de sa capacité à imposer son impact athlétique. Car c'est bien en martyrisant le milieu de terrain adverse que les partenaires du robuste Shereni se sont remis à l'endroit. Pour mieux laisser, ensuite, leur quatuor offensif placer des mouvements tranchants comme un coupe-choux. Avec, toujours, dans le rôle de rampes de lancement, le droitier (Abdoun) et le gaucher (Darbion), mais nouveauté, la paire Darcheville-Zerka à la conclusion. Les deux recrues s'entendent déjà parfaitement, à l'image des deux buts. Deux déboulés de Darcheville, suivis d'un centre en retrait pour Zerka. Sur le premier l'ex-Nancéien reprit instantanément pour égaliser (22e). Sur le deuxième, Pelé l'en empêcha en le bousculant, et Darbion transforma le penalty 42e). Pascal Janin, l'entraîneur strasbourgeois regretta de s'être fait piéger «sur deux contres plus que sur des situations de domination nantaise», mais il reconnut aussi chez son adversaire «une force de percussion» qu'il ne trouve pas chez lui. Un peu réducteur néanmoins. Car, comme Gernot Rohr, on a aussi vu, «pendant une demi-heure, un football de qualité en mouvement», «un potentiel».
Certes, au final, le score est étriqué. Mais Nantes a touché la barre (30e, Shereni) puis le poteau (38e, Darcheville), Lacour sauvant également sur sa ligne (67e, Shereni). Finalement, s'il n'a pas pu accroître son avance, c'est parce qu'il n'avait plus de gaz principalement, selon son entraîneur. «En deuxième mi-temps, on a manqué d'énergie, de force et aussi un peu d'intelligence pour gérer.» Strasbourg n'a pas su en profiter, malgré une défense nantaise encore un peu imprécise à l'image du but concédé, Abdoun, Maréval puis Pierre ayant chacun manifesté une hésitation coupable. «On a vu des petites fautes de rigueur», relevait un Gernot Rohr globalement satisfait, mais qui sait que la route sera encore longue. «Il n'y a que six matches de joués, il peut nous arriver encore beaucoup de choses. Une épidémie de grippe, des suspensions... »
Le FC Nantes combine de surcroît sens des réalités et sens de l'humour. À l'échelle de la Ligue 2, sa panoplie semble presque complète.
Les Ardennais avaient mis les petits plats dans les grands, hier soir, pour fêter le 90e anniversaire de leur club. Deux joueurs emblématiques, Zacharie Noah et Roger Lemerre, pour donner le coup d'envoi, de multiples animations et bien sûr... un sanglier! C'est à un véritable banquet en l'honneur du CS Sedan auquel étaient convié les Vannetais. Il n'était donc pas question qu'ils viennent gâcher la fête.
Les Bretons se montraient d'ailleurs des hôtes plutôt bien élevés en laissant largement l'initiative du jeu aux Sedanais en première période. Dominés au milieu de terrain, ils ne parvenaient pas à régler le problème Mokaké notamment, ce dernier s'intercalant régulièrement entre les lignes morbihannaises pour porter le danger. C'est d'ailleurs lui qui se procurait les deux occasions les plus franches avant la pause. Sur la première, il décochait une frappe qui obligeait Benvegnu à se détendre (22'); sur la seconde il prenait le meilleur sur Lina, s'en allait dribbler Benvegnu mais sa frappe était repoussée de la tête et sur la ligne par Lina, revenu à grandes enjambées (36'). Deux frayeurs et, malgré la domination ardennaise, deux incursions qui auraient pu faire mouche pour le Voc. Lancé par Sammaritano, Gimbert, parti à la limite du hors-jeu, butait sur Costil sorti à sa rencontre (29'); puis c'est Camara sur coup-franc qui sollicitait l'ancien gardien du Voc (36').
Liabeuf ouvre le score
Ballotés par les flots, une tête d'Henaini venant notamment s'écraser sur le dessus de la barre de Benvegnu (47'), les Bretons allaient cependant réussir une percée victorieuse dans la défense ardennaise. Lancé en profondeur, Liabeuf grillait la politesse à Traoré et consorts et venait battre Costil de près, dans un silence de cathédrale (0-1, 68').
Le groin dans le gazon, les Sangliers n'abdiquaient cependant pas mais faisaient preuve de trop de maladresse devant le but breton pour espérer revenir au score. Mokaké voyait ainsi Benvegnu s'interposer sur une de ses frappes avant d'expédier son deuxième essai dans les nuages (84')... Fin du banquet, le sanglier a été mangé et les Vannetais ont même eu le droit de chanter. Ils sont venus, ils ont vu et ils ont vaincu.
Alex Dupont, qui se plaint depuis le début de saison du manque de réalisme de son équipe, s'est fait un nouvel ami de galère : Dominique Bijotat, le coach castelroussin. Hier soir, le champion olympique de Los Angeles a forcément dû souffler dans les bronches de ses joueurs à la mi-temps.
Comment une équipe aussi dominatrice, face à des Finistériens si empruntés, a-t-elle en effet pu regagner les vestiaires sur un score de parité ? La faute à Steeve Elana, le dernier rempart très inspiré d'un Stade brestois à l'agonie.
Les partenaires d'Oscar Ewolo, auteur du seul tir cadré breton des quarante-cinq premières minutes? ont, il est vrai, tout fait à l'envers durant cette période : des passes mal ajustées, un alignement défensif plutôt louche, et une maîtrise du ballon quelconque au milieu de terrain. En face, le second du championnat s'est à l'inverse régalé... et a fait plaisir aux photographes postés derrière le but brestois, sur une demi-douzaine d'actions chaudes (Grange 10', 14', 25' ; Constant 16', 31' ; Baby 30', 46'), anéanties, ou accompagnées du regard, par un Elana des grands soirs. Un espoir subsistait cependant : le 5-1 infligé en mai dernier par la Berrichonne, à l'époque insolente de réussite, semblait cette fois bien loin...
À défaut d'être plus séduisants, les Brestois montraient enfin un peu plus d'enthousiasme et de gnac après la pause. Châteauroux, mis à part quelques cafouillages dans la surface finistérienne, semblait payer ses efforts. Du coup, Nolan Roux en profitait : sur un décalage de l'inévitable Bruno Grougi, l'ancien Lensois décochait plein axe une frappe soudaine des 25 m, et trompait Fernandez (0-1, 72') !
Une ouverture du score inespérée, et un quatrième but personnel pour la révélation de ce début de saison, qui laissait penser que le vent avait enfin tourné. Mais Grange, d'un maître coup franc (1-1, 78'), égalisait dans la foulée, avant qu'Elana ne sauve sur sa sur sa ligne devant le buteur castelroussin (84')... puis Constant à six mètres de la ligne (91'). Deux nouveaux arrêts décisifs, qui ont offert, hier soir, au Rouge et blanc un premier point à l'extérieur quasi inespéré.
Premier véritable test de la saison pour les deux formations, toutes deux candidates à l'accession.
Cette rencontre démarrait sur un faux rythme. Si les Guingampais étaient les premiers à se mettre en action avec une tête de Bassila non cadrée sur un corner de Giresse (2'), les Caennais prenaient rapidement les commandes du jeu, plus incisifs dans les duels. Langil, rapide et très mobile, posait des soucis à la défense guingampaise sans parvenir pour autant à la déséquilibrer.
Pourtant attendue, la rencontre peinait à s'enflammer. Trop de déchets techniques, trop d'imprécisions dans la dernière passe. La seule véritable occasion est au profit d'Eluchans qui, sur un service de Nivet, trompe Trévisan et contraint Bassila à sauver sur sa ligne (44').
Entre-temps, le coup-franc excentré de Grax, juste au-dessus de la barre, aurait mérité meilleur sort (34'). Mais l'incapacité des Guingampais à donner de la profondeur au jeu les condamnait à subir et opérer en contre.
Au retour des vestiaires, la rencontre démarrait sur les mêmes bases. Caen trouvait petit à petit des décalages, à l'image de ce centre de Langil pour Traoré qui manquait sa reprise (52').
Quelques instants plus tard, En Avant réagissait de belle manière avec une tête de Grax qui fleuretait avec le cadre de Thébaux, à la suite d'un centre au cordeau d'El Jadeyaoui (55'). Le match s'enflammait, enfin.
Guingamp termine à dix
Côté guingampais, les entrées de Diallo et Ogounbiyi faisaient leur effet. Après avoir chipé le ballon à son vis à vis, le Béninnois servait Scarpelli qui ne parvenait à reprendre (60').
Quelques instants plus tard, le portier caennais était sauvé par son poteau après un coup-franc détourné par Diallo (61'). Mais les velléités costarmoricaines étaient freinées par l'expulsion de Felipe qui, trop virulent auprès de l'arbitre, écopait d'un second carton jaune.
La rencontre perdait alors en intensité. Caen, en supériorité numérique, tenait le ballon sans parvenir à véritablement créer le danger. Seul Toudic, percutant faissait frissonner les tribunes du Roudourou.
Si la trêve, et notamment le match amical face à Lorient, n'a guère permis d'affiner la réflexion quant au jeu du Voc, au moins les Vannetais en ont profité pour recharger les accus. Ce qui n'est déjà pas si mal après un mois d'août éreintant. «On a pris le temps de souffler, reconnaissait Stéphane Le Mignan l'entraîneur morbihannais, quant à la rencontre amicale, on n'a pas fait grand-chose à part courir après le ballon. Ça nous montre qu'il y a toujours du travail.» Un travail qui se fera désormais avec un effectif au complet, l'attaquant Franck Dja Djédjé étant venu clore le recrutement du Voc. Il fera d'ailleurs sa première apparition dans le groupe à Sedan.
La loi du milieu
«Il faudra retrouver la solidité affichée à Nîmes ou Ajaccio», prévenait le coach vannetais. C'est particulièrement vrai au milieu de terrain où la paire Kamissoko-Mézague a paru émoussée lors des dernières rencontres. Moins d'impact physique, moins de succès dans les duels, une relance défaillante, autant de points noirs qu'il faudra gommer dans les Ardennes. «C'est une question de temps, d'automatismes. Notre milieu de terrain a connu plus de changements que la saison dernière, or il influence beaucoup le jeu, notamment dans l'animation offensive.» Et devant, il y aura du changement aussi avec l'arrivée de Dja Djédjé donc, mais aussi le retour de Sabin dans le groupe. «Nous avons davantage de variantes, de possibilités. Nous nous créons d'ailleurs plus d'occasions.»Le Voc marque également plus, puisqu'il possède actuellement la septième attaque du championnat.
Basculer dans la première partie de tableau
Cette rencontre, face à un concurrent direct, doit permettre aux Vannetais de véritablement s'étalonner dans ce championnat. Et peut-être de retrouver une première partie de tableau qu'ils n'ont jamais quitté la saison dernière. «Il y a une douzaine d'équipes qui ont à peu près la même valeur, souligne Le Mignan, nous rentrons vraiment dans notre championnat. Sedan en fait partie, même si notre victoire 3-2 chez eux en fin de saison dernière était flatteuse.» Ceci dit, face à Sedan (13e, 5 points), Vannes (11e, 6 points) cherchera avant tout à se rassurer et donc à ne pas perdre.
Sedan l'outsider
Les Ardennais présentent de leur côté un groupe qui n'a que très peu évolué et qui compte bien, après sa 9e place de la saison dernière (juste devant le Voc), jouer un rôle plus intéressant encore. Pour son 90e anniversaire, le CS Sedan-Ardennes se verrait même bien retrouver l'élite. Une victoire face à Vannes serait un premier pas. Même privés d'Alexis Allart, leur meilleur buteur (3 réalisations, 50 % des buts ardennais), les Sangliers ont un appétit dévorant. Plus que jamais peut-être.
Régularité à démontrer. Fatigué et transparent à Tours pour la première défaite de la saison, En Avant a su réagir. Il a pris le vent à Istres mais sans ouvrir sa défense aux courants d'air. A défaut d'être spectaculaire (0-0), sa remise à jour du calendrier dans ce deuxième déplacement consécutif l'a rassuré. Ce soir, la venue d'un leader caennais invaincu et déterminé à retrouver la L1, sera-t-elle l'occasion d'un déclic breton ?
« Caen est solide. Sur le plan technique, l'équipe possède encore un bagage de L1 avec des joueurs talentueux au milieu et des attaquants percutants. Ce match constituera un moment important sachant qu'on ambitionne de prendre le maximum de points à domicile. De là à parler de déclic, je ne vois pas les choses comme cela. Plus que sur un match, j'attends désormais l'équipe sur les cinq ou six rencontres à venir », souligne Victor Zvunka. Dans un championnat où son équipe pointait à la dernière place, la saison dernière, à la même époque, l'entraîneur sait le poids de la régularité et combien il est essentiel de ne pas se laisser décrocher.
L'équilibre à trouver. Pour peu qu'il s'accompagne d'une collecte satisfaisante de points, le temps devrait servir la cause bretonne. Au terme d'un premier mois de compétition, le secteur offensif est encore balbutiant. La large victoire sur Vannes (4-1) ayant fait exception à la règle. Profondément modifiée à l'intersaison, l'attaque a besoin de la répétition des matches pour permettre aux nouveaux joueurs de se découvrir et de se trouver. « C'est un équilibre toujours extrêmement difficile à trouver. Le plus dur est de mettre ça en place», reconnaît Victor Zvunka. Dans une alchimie souvent beaucoup plus fine que celle qui consiste à mettre en place un bloc défensif, En Avant est en rodage.
Solutions offensives. En attendant Gilmar , l'attaque guingampaise et sa capacité à produire de l'animation constituent les grandes inconnues de cette soirée face au leader. Au-delà de l'embarras des choix de Zvunka : Scarpelli, Grax, Giresse, Ogunbiyi, Soumah, El Jadeyaoui, Allaoui, Bazile, Soly... L'heure est aux recherches de complémentarité et d'inspiration. Face aux Caennais invaincus et rigoureux (2 buts encaissés), le mouvement et l'imagination offensive devront compléter la stabilité d'une défense où Koné et Delgado sont forfaits. Aux hommes de se trouver.
TREVISAN (6/10). Un sans faute. Face à la maladresse des Istréens, il n'a pas eu à sortir un grand match. Mais, sur sa ligne ou dans les airs, il a été décisif quand il le fallait.
DEROFF (5). Gêné par le jeu de Rivière, il a mis du temps à en prendre la mesure, se rendant aussi coupable en début de match de deux ou trois approximations qui auraient pu coûter cher. Plus l'aise face au vent après la pause.
BASSILA (6). Il n'a pas eu à sortir un gros match. Même quand les Provençaux ont allongé le jeu pour profiter du vent, il n'a pas été pris en défaut.
FELIPE (6). Autoritaire dans ses interventions, il a formé avec Bassila une charnière centrale solide et ne manquant visiblement pas de repères.
DELGADO (6). Dans la lignée de ses précédentes prestations. Rarement pris au dépourvu et costaud dans les duels.
EL JADEYAOUI (4). Quelques timides percées solitaires, mais sans déséquilibrer le bloc istréen, et c'est à peu près tout.
BELLUGOU (4). Malgré sa générosité dans les efforts, il n'a guère influé sur le jeu guingampais, ni sur le jeu istréen. Remplacé par COLLEAU (74'), qui a mis un peu plus de poids dans l'entrejeu.
MATHIS (4). Il va falloir patienter encore un peu avant de revoir le relayeur de la saison passée. Est apparu fatigué et en panne d'inspiration.
GIRESSE (4). Bien plus discret qu'en début de match à Tours. Se signale par une grosse frappe, non cadrée, avant la pause. C'est peu.
GRAX (4,5). Des prises de balles intéressantes et un potentiel qui ne demande qu'à être exploité. Mais, il a logiquement eu un peu de mal à renouveler ses efforts. Remplacé parDJOMAN (82').
SOUMAH (4,5). Toujours Guingampais, il a beaucoup bougé pour son premier match en championnat. Une mi-temps encourageante, agrémentée d'une frappe enroulée juste avant la mi-temps. Remplacé par BAZILE (4), qui fait sans doute un mauvais choix sur son premier ballon en ne prenant pas sa chance à l'entrée de la surface istréenne. A été volontaire, mais a manqué de justesse.
Pour son premier derby de la saison à la maison, on peut dire que le Stade brestois est servi. Alex Dupont en est conscient: Nantes ne fait pas le voyage pour rien. Car si les Nantais n'ont engrangé qu'un point sur leurs deux déplacements (1-0 à Caen et 1-1 à Vannes), nul doute qu'ils tenteront le tout pour le tout pour empocher une première victoire hors de leurs bases afin d'asseoir leur statut de favori.
« C'est la grosse équipe de Ligue 2, souligne le coach brestois. Mais il est primordial de garder notre maîtrise à domicile. On va essayer d'être performant dans le jeu avant tout et tenter de les bousculer. Maintenant on sait qu'il faudra que l'on soit encore plus réaliste dans la finition. »
Quel visage face aux Nantais ?
L'allant offensif employé jusque-là à domicile a payé face à Laval et Metz. Ce soir, Brest ne dérogera pas à sa règle première d'aller au bout de ses idées comme le martèle Dupont.« Il faut surtout que nous sortions de ce match sans n'avoir rien à regretter et bien sûr, faire en sorte que la victoire soit au bout ».
Pour cela, l'entraîneur brestois a mis l'accent, durant la semaine, sur la principale faiblesse de son équipe éclatée au grand jour à Arles: les coups de pieds arrêtés. « La concentration et la rigueur seront essentielles sur ces phases de jeu. On a travaillé là-dessus pour éviter de se faire des frayeurs. Mais je ne suis pas inquiet outre mesure. »Une chose est certaine, les Brestois iront de l'avant face à des Canaris encore en rodage.
Avec le retour de Basile De Carvalho (blessé à l'épaule depuis un mois), le Stade brestois dispose désormais de tous ses éléments majeurs. « Il a joué la semaine dernière avec la CFA 2 et n'a pas ressenti de douleur. Il revient et son absence n'est plus qu'un mauvais souvenir. » En faisant tourner son effectif la semaine passée à Arles, Alex Dupont devrait donc aligner son capitaine Ewolo, son percuteur Lesoimier et sa pointe Socrier - tous trois sur le banc dans le Vaucluse - dès le coup d'envoi. Poyet, lui, devrait débuter avant l'entrée de De Carvalho.
Seul réelle interrogation: qui de Lorenzi ou Kantari sera associé à Brou Apanga en défense centrale? Mais au-delà de la composition, le coach finistérien espère une seule chose, que son équipe joue avec ses valeurs et ses ambitions. « Quand on reçoit le favori du championnat, on se doit de le respecter mais aussi de le déstabiliser. On doit démontrer au public de Francis-Le Blé la même envie que depuis le début de saison. »
Recrutement bouclé
Ce soir à minuit, le marché des transferts fermera ses portes. Alors que Papa Malick Ba vient de boucler le recrutement nantais, il semblerait que les mouvements côté Brestois (7 arrivées pour 7 départs) soient définitivement terminés. C'est du moins ce qu'affirmait Alex Dupont hier encore. « Tout est bouclé tant au niveau des départs que des arrivées ».
ACTE 1. Une première période progressivement sous l'emprise havraise. Appliqués, bien en place, souverains dans l'entrejeu, les doyens (du plus vieux club professionnel) donnaient la leçon.
Une première tête de Nikezic (25'), une frappe de Bonnet pas cadrée (32'). Et le pompon signée Le Marchand, ni attaqué, ni inquiété (0-1, 38'). Du cousu main, avec presque la bénédiction vannetaise.
«Ce soir, c'est un sentiment partagé qui m'anime», réagira à chaud Cédric Daury, l'entraîneur havrais. Lucide et réaliste, l'ancien Angevin pensait bien sûr en premier lieu à la percée de Mamadou Diallo. On jouait la 51', mais après avoir évité la sortie de Benoît Benvegnu, l'attaquant havrais trouvait le poteau morbihannais. Le tournant du match assurément.
«Prendre un point à l'extérieur c'est toujours intéressant, surtout face à une équipe de la qualité de Vannes. Mais on n'a pas su tuer le match, pas su faire le break. C'est frustrant. Si on avait mené 2-0, le match aurait été forcément différent.»
Alors Daury cherche à positiver. Souligne que si occasions il y a, c'est que derrière l'équipe a su développer des actions de qualité, a su se créer des situations chaudes. « Et ça c'est forcément positif. » Surtout à l'extérieur. «Dans le jeu et les intentions on est cohérent. Allez, on ne va pas se plaindre. Il faut continuer à bosser.»
« On a su prendre des risques »
ACTE 2. Un milieu de terrain rendu plus conquérant après la rentrée de Liabeuf au repos et un retour au score logique des Vannetais.
Ce n'était pas du grand Voc mais c'est avec le coeur et les tripes que les joueurs de Stéphane Le Mignan ont recollé au score. Le jeune entraîneur breton ne se voilait d'ailleurs pas la face : «C'était pas extraordinaire mais ce point, on a vraiment été le chercher. Et ce point récompense des joueurs qui viennent de finir un marathon avec trois matches en une semaine.»
Six points au compteur, rien de bien folichon, rien de bien inquiétant non plus. Le Voc travaille et avance. Alors Stéphane Le Mignan préfère retenir l'état d'esprit qui a permis à ses joueurs de revenir dans la partie. «Le Havre a eu plusieurs occasions de faire break, on a livré une première période pas terrible. Heureusement, on a su réagir durant quinze ou vingt minutes après la pause, on a su prendre des risques.» Des risques qui ont payé avec l'égalisation signée Gimbert (60').
Un sursaut qui permet aux Vannetais de rester invaincus à La Rabine. Et d'aborder la mini-trêve assis sur un matelas de points appréciable. «Comme face à Nantes, c'est à l'arrache qu'on va chercher ce point. Il faut récompenser les joueurs pour leurs efforts, appuie Le Mignan. Mais désormais on a besoin de récupérer. Il faut remettre tout le monde au niveau physique, tout remettre dans l'ordre.»
Car Stéphane Le Mignan ne rêve pas. «C'est à domicile qu'on arrachera notre maintien et on ne dispose d'aucun joker. Actuellement, on est moyen, ni bon, ni mauvais.» Mais appliqués et volontaires.
Victorieux dans la souffrance à Ajaccio (0-1). Auteurs d'un nul moyen contre Angers (0-0). Larges vainqueurs contre Vannes (4-1). Et maintenant, victimes d'une grosse claque tourangelle. Les Guingampais passent par tous les états en ce début de saison.
Au cours de la première demi-heure, rien ne laissait présager de la déroute à venir. Grâce à Giresse par ses centres et El Jadeyaoui par ses percussions, Guingamp met le nez à la fenêtre plusieurs fois. Sur une frappe de El Jadeyaoui, après un double une-deux avec Mathis (20'). Puis un centre tendu de Giresse que Mathis ne parvient pas à redresser (22'). Enfin, sur une tentative de Koné, surpris par une toile de la défense tourangelle (39'). « On a d'abord eu la maîtrise, reconnaissait Victor Zvunka. Mais le gardien de Tours n'a pas eu à faire des miracles non plus. Et puis, un match ne dure pas 30 minutes ».
Tours, ballotté, donne toutefois quelques signes de vélléités. Grâce à son athlétique duo d'attaquants, les Tourangeaux mettent en effet la défense guingampaise en difficulté. Tardant à faire le ménage, ils laissent la surface de Trévisan se transformer un peu trop souvent en siège. Mais, à part sur une tête de Tomas dans le temps additionnel, les Costarmoricains ne concèdent pas de grosses occasions durant la première période.
Changement de décor après la pause. Le calvaire débute par une incroyable perte de balle de Koné, mais Giroud ne parvient pas à tromper Trévisan (48'). Puis, occupé par son duel avec Yenga, Colleau assiste en spectateur à la reprise de Atik qui fusille le gardien costarmoricain (1-0, 54'). Trévisan, d'une claquette, écarte après un coup franc de Belghazouani (66'). Puis, vient le deuxième but. Trévisan relance court pour Colleau, qui sert Koné dans l'axe par une passe latérale. Lequel remet sur Trévisan qui dévisse sa relance... Yenga récupère, s'enfonce et centre pour Giroud. La reprise fait mouche (2-0, 69').
Vexé, Guingamp tente de réagir. Mais trop mollement pour inquiéter Salin, le portier tourangeau. Dans l'autre surface, en revanche, ça s'agite toujours autant. Heureusement, le missile de Yenga passe au-dessus (77'). Giroud, quant à lui, trouve le poteau (86'). Les situations chaudes se multiplient, mais rien d'autre ne sera marqué.
En conférence de presse, Victor Zvunka parvient à garder son calme. Sa colère restera muette. « La logique veut que ce soit l'équipe qui remporte ses duels qui gagne le match. Certains sont sur un nuage... On s'est laissé marcher sur les pieds. Après la victoire contre Vannes (4-1), je ne voulais pas être euphorique. Là, c'est pareil, je ne veux pas noircir le tableau. Mais on a quand même joué comme des donzelles, sur la pointe des pieds ».
FIN DE LA TOURNÉE DES GRANDS-DUCS. Avec cette dernière rencontre du mois d'août, avant une mini-trêve internationale de quinze jours, les Vannetais en auront fini avec leur première étape dans ce championnat. Et quelle étape ! Dans le genre « cols hors catégories », les hommes de Stéphane Le Mignan se seront invités à la table de quatre des six plus gros budgets de Ligue 2, dont deux équipes reléguées de Ligue 1. Quatre formations qui figurent actuellement dans la première partie de tableau.
Si l'on ajoute les deux rencontres de Coupe de la Ligue, agrémentées à chaque fois de prolongation, voilà une entrée en matière qui avait de quoi rester sur l'estomac. Mais avec cinq points et deux qualifications en poche (à l'extérieur qui plus est), les Morbihannais ont plutôt bien digéré l'ensemble. Une victoire face au Havre permettrait de faire presque aussi bien que la saison dernière (8 points contre 9 l'an passé), soit un très bon début de saison.
LEVER LES DOUTES. «À Guingamp, on était tellement loin du compte... » Stéphane Le Mignan a encore bien à l'esprit la claque reçue en Côtes-d'Armor (4-1). Face au Havre, les Vannetais devront donc se réhabiliter, au niveau de l'envie mais aussi au niveau du jeu. En cela, la qualification à Ajaccio n'est que du bonus : «C'est quelque chose de très bien, surtout 3-4 jours après la défaite à Guingamp. Une défaite, notamment lourde, aurait forcément amené encore plus de doute. Mais la priorité, c'est le championnat.»
GESTION DE L'EFFECTIF. Stéphane Le Mignan a décidé de conserver 17 joueurs avant cette rencontre. Quintin, Martot et Jarsalé ont été mis à disposition de l'équipe réserve alors que Sabin est forfait, victime d'une entorse du genou.
Le coach breton pourra en revanche compter sur les retours de Drouin (qui devrait être mis en concurrence avec Lina pour la dernière place dans le groupe), Delhommeau, Gimbert et Avezac, laissé au repos pour le déplacement à Ajaccio. Le coaching payant lors de la Coupe de la Ligue, va permettre de récupérer, malgré la prolongation, des joueurs dans un meilleur état de fraîcheur. Indispensable pour le dernier coup de collier du mois d'août.
LE HAVRE VEUT SE RASSURER À L'EXTÉRIEUR. «On est dans les temps, mais avec nous, il se passe toujours des choses», assure le coach haut-normand Cédric Daury, qui a gardé en travers de la gorge la défaite de sa formation à Tours (2-0). «Nous sommes peut-être un peu trop joueurs à l'extérieur», poursuit l'entraîneur havrais qui compte bien sur ce déplacement en Bretagne pour mettre à l'épreuve la solidité de sa formation.
«Mais avec deux joueurs d'expérience (Hénin et Gillet) et deux internationaux espoirs(Kana Biyik et Le Marchand), derrière c'est solide», assure de son côté Stéphane Le Mignan, l'entraîneur vannetais, qui poursuit : «Et puis, perdre à Tours, qui était l'équipe la plus performante à domicile la saison dernière n'est pas déshonorant.»
Le FC Nantes a remis ça... Comme contre Clermont il y a une semaine quand il avait livré une deuxième mi-temps cohérente et prolifique (1-1 puis 3-1), la formation de Gernot Rohr, rentrée cette fois avec le plus petit des avantages à la mi-temps, a fait exploser Istres après le repos.
Et en signant ce large succès, face il est vrai à une équipe qui va avoir beaucoup de mal à rester dans un championnat qu'il a rejoint en mai dernier, Nantes a aussi envoyé un message à ses adversaires. S'il se montre aussi efficace et s'il continue à faire preuve de la même maîtrise collective, alors il sera aux avants-postes cette saison.
Et pourtant le début de match avait été équilibré. Comme annoncé par leur entraîneur Henri Stambouli, les Istréens jouaient dans un dispositif offensif et évoluaient haut pour aller gêner des Nantais peinant à trouver leurs marques. En laissant ainsi trop d'espaces entre les lignes, les joueurs de Gernot Rohr voyaient leur jeu se déliter au fil de leur progression horizontale.
Le festival deDjamel Abdoun
Cependant, juste avant la demi-heure, sur du jeu en première intention, appliqué et propre techniquement, ils trouvaient la faille. Jean-Jacques Pierre gagnait un duel, servait Abdoun plein axe, qui lançait N'Diaye dans le prolongement de sa ligne. L'attaquant malien décalait Klasnic dont la frappe du gauche glissait sous le ventre d'Agassa pour le 1-0. Le duo offensif déjà décisif contre Clermont récidivait. Et Nantes s'offrait un scénario idéal.
Bonifié juste après la pause par Djamel Abdoun auteur d'un splendide coup franc excentré de l'intérieur du droit qui laissait sans réaction le portier azuréen. Le virevoltant milieu nantais, déjà excellent à Vannes, commençait son festival. D'abord, il délivrait un centre parfait sur le tête de N'Diaye qui marquait le but du 3-0 avant de centrer en retrait pour l'attaquant malien qui trouvait la lucarne du droit après une feinte de Klasnic.
À 4-0, Nantes continuait sur sa lancée. Abdoun se montrait intenable et, sur un coup-franc, son ballon trouvait la tête de Dossevi, que Shereni déviait du dos pour marquer. Ce large succès permet à Nantes se rapprocher du podium et d'entretenir, surtout, une dynamique de progression. Les Canaris sont une série de trois matches sans défaite, mais aussi et surtout sur 9 buts marqués en 3 matches. Des chiffres qui commencent à prendre une vraie signification...
rivés de match la semaine prochaine en attendant la venue de Nantes le lundi 31 août, les Brestois auront de quoi s'occuper pour tuer le temps. À commencer par quelques travaux pratiques sur les corners en phase défensive. Deux buts encaissés de cette manière en huit petites minutes en première période, ça fait beaucoup... Sur le premier, certes sans doute inexistant car la tête originelle semblait arlésienne, la passivité bretonne avait permis à Reynaud de conclure tranquillement (1-0, 17'). Puis le défenseur central vauclusien effleurait également du crâne un nouveau corner de Psaume, le ballon échouant sur la jambe du malheureux Poyet, pour finir dans le but d'Elana (2-1, 25').
Déjà surpris sur un coup de pied arrêté au Havre, les Brestois continuaient à souffrir des mêmes maux, et le réalisme défensif réclamé par Dupont manquait toujours cruellement. L'insoutenable chaleur ne pouvait expliquer à elle seule une telle apathie sur ces phases arrêtées... Et pourtant, on avait bien cru les Finistériens remis en selle par le penalty inscrit en deux temps par Grougi, à la suite d'une faute de Corrèze sur Bigné (1-1, 21'). Mais l'illusion n'avait pas tenu bien longtemps. Et même si Grougi avait touché le poteau de Merville alors que le score était encore vierge (10'), il n'y avait pas de quoi crier au scandale au repos, N'Diaye (10'), Cherrad (13'), Psaume (24') et enfin Diawara (40') ayant eux aussi sollicité Elana et sa défense.
La merveille de Piocelle
Lesoimier lancé dans la bataille à la reprise à la place d'un Leroy très discret, le Stade brestois devait impérativement se montrer plus inspiré et plus conquérant pour espérer autre chose qu'un second voyage infructueux. Mais on n'en prenait pourtant pas le chemin... En panne d'imagination dans le jeu, c'était finalement grâce à un nouveau coup de pied arrêté que les Bretons allaient trouver l'ouverture. Sur un coup-franc bien frappé de la gauche par Grougi, Lesoimier et Roux s'élevaient, mais ne semblaient pas effleurer le ballon. Ce qui était en revanche limpide, c'est que Merville, lui, devait s'incliner pour la deuxième fois (2-2, 68').
Cette fois, Brest tenait le bon bout. À condition, bien sûr, que M. Guillard oublie désormais de siffler les corners arlésiens. Et ce que l'on pouvait légitimement redouter finissait par arriver. Le coup de pied de Psaume était certes écarté par la défense finistérienne. Mais, posté à l'entrée de la surface, Piocelle réussissait une merveille de reprise de volée (3-2, 84'), scellant le sort de la partie. Oui, il y aura largement de quoi s'occuper dans les prochains jours au Stade brestois...
Vendredi 21 août 2009 Arles - Brest : 3-2 Buts : Ayasse (17eme), Correze (24eme) et Piocelle (83eme) pour Arles-Avignon, Grougi (21eme sp, 68eme) pour Brest
Dijon - Nîmes : 1-0 But : Mandanne (38eme) pour Dijon
Laval - Tours : 1-0 But : Tomas (82eme, csc) pour Laval
Sedan - Clermont : 2-1 Buts : Rozic (39eme) et Mokaké (91eme) pour Sedan, M.Yatabare (87eme) pour Clermont
AC Ajaccio - Strasbourg : 2-2 Buts : Kinkela (54eme) et J-F. Rivière (80eme) pour Ajaccio, M.Gueye (40eme) et Fauvergue (68eme) pour Strasbourg Nantes - Istres : 5-0 Buts : Klasnic (27eme), Abdoun (51eme), T.N'Diaye (57eme, 66eme) et Shereni (87eme) pour Nantes
Le Havre - Angers : 3-2 Buts : Nikezic (34eme), M.Diallo (58eme, sp) et Ait Ben Idir (92eme) pour Le Havre, Brunel (28eme, sp) et Modeste (35eme) pour Angers
Châteauroux - Caen : 1-1 Buts : Constant (71eme, sp) pour Châteauroux, Toudic (42eme) pour Caen
Dimanche 23 août 2009 Guingamp - Vannes : 4-1 Buts : Bazile (12eme), Scarpelli (25eme et 44eme), El Jadeyaoui (72eme) pour Guingamp - Mézague (60eme) pour Vannes
Lundi 24 Aout 2009 Metz - Bastia : 1-0 But : Johansen (49eme) pour Metz
Surtout ne demandez pas à Gernor Rohr comment il compte bouger le FC Istres ramassé en défense, ce soir à la Beaujoire pour la 4e journée de Ligue 2. « Mais ils ne seront pas regroupés derrière! » s'agace l'entraîneur nantais. « Ils vont venir nous chercher! Vous allez voir! Ils nous croient vulnérables et fatigués. Ils vont venir pour essayer de nous faire douter à domicile » prédit Rohr.
Côté istréen on ne dément pas, même si le discours se fait plus mesuré. « Nous venons à Nantes avec de l'ambition dans le jeu, explique prudemment Henri Stambouli, l'entraîneur du FC Istres, avant de promettre de laisser le blindage en Provence : « On ne vient pas pour bétonner pendant 90 minutes! De toute façon, nous n'avons pas la solidité pour rester regroupés derrière tout le match. Istres ne vient pas jouer à Fort Alamo à la Beaujoire! » promet l'ancien adjoint de Raymond Goethals à l'Olympique de Marseille.
Il salue toutefois « la montée en puissance » du FC Nantes. « Le résultat obtenu à Vannes est révélateur: le groupe nantais semble bien en place. C'est dommage pour nous, on n'arrive pas au bon moment !»
Relégué en National il y a deux saisons, l'autre club des Bouches-du-Rhône retrouve cette année l'antichambre de l'élite. La prudence est de mise. « Notre objectif reste le maintien, ce qui ne nous empêche pas d'avoir une certaine ambition dans le jeu » confie Stambouli qui connaît un début de saison « satisfaisant » après une défaite à Metz et une victoire à domicile contre Bastia.
Un adversaire devenu prudent
Harlington Shereni tempère les velléités offensives des adversaires de ce soir. « Ils jouent le maintien et ne vont pas commettre les mêmes erreurs qu'il y a quelques années où ils étaient montés et aussitôt redescendus. Ils sont devenus prudents » analyse le capitaine nantais. Ce match aura pour lui une saveur particulière. « Quand je suis arrivé en France en 2003, c'est le premier club dans lequel j'ai joué », raconte le Zimbabwéen. Tenema N'Diaye affiche une certaine méfiance avant cette rencontre. L'attaquant malien a rencontré à plusieurs reprises les Istréens « toujours en National » précise-t-il avant de mettre en garde : « Ils sont costauds défensivement. »
À en croire Gernot Rohr, la robustesse adverse est moins à craindre que l'usure des organismes nantais. Ce match sera le 4e match joué en 12 jours. « Avec les blessures, nous n'avons pas le choix de beaucoup modifier l'équipe » regrette Rohr avant d'appeler ses joueurs à un ultime effort : « Après ce match, on aura 10 jours de repos alors il faut tout donner sur ces 90 prochaines minutes. » Privé de Capoue, de Maréval et de Darcheville, c'est un groupe émoussé qui doit confirmer, comme il l'avait fait après Caen face à Clermont, le point ramené de Vannes. En somme une équipe qui doit jouer les récidiv... Istres.
Face à Laval et Metz, les Brestois l'ont à chaque fois emporté 2-1. À chaque fois en fin de match, et à chaque fois sur des coups de pied arrêtés. Deux succès en deux rendez-vous à Le Blé qui leur permettent de signer un début d'exercice réussi. «On vit un peu le scénario que l'on espérait en début de championnat, à savoir surtout prendre un maximum de points à Francis-Le Blé, apprécie Alex Dupont. Être bons et gagner à domicile, c'était le premier objectif. De ce point de vue-là, on a réussi une bonne entame de saison. Il est évident que le chemin est encore long. Mais, malgré tout, ce début donne confiance aux joueurs pour la suite, et c'est encourageant...»
Romain Poyet, buteur lundi face aux Lorrains après une longue attente, prolonge même un brin l'idée. «Cette deuxième victoire à domicile va nous autoriser davantage de choses à l'extérieur. À Arles-Avignon, on ne jouera pas avec le frein à main. On va déjà essayer de se concentrer pour prendre un point. Ça serait bien. Mais trois, ça serait formidable!»Après avoir fait le plein à Le Blé, le Stade brestois espère désormais exporter ses bonnes dispositions. Comme cela avait, du reste, déjà été le cas lors du premier voyage au Havre, mais avec un « petit » ingrédient en plus... «Contre une équipe havraise qui finira à mon avis dans les cinq premiers, on avait fait plus que bonne figure, souligne Dupont. On a vraiment rivalisé avec eux, mais on a manqué de réalisme. Sur le plan offensif bien sûr, mais aussi défensif car on prend un but un peu con... Cela montre qu'il faut toujours se montrer extrêmement rigoureux.»
« Des noms de Ligue 1 »
Et ce sera encore le cas ce soir du côté d'Avignon, dans la (nouvelle) antre d'un promu qui a réussi une entrée en matière tonitruante en Ligue 2. Avec déjà sept points au compteur (succès devant Clermont et Ajaccio, nul à Strasbourg) et sur les feuilles de match des noms comme Piocelle, Vergerolles (blessé ce soir), Cherrad ou encore l'ancien Rennais Diawara, Arles-Avignon incite au respect, comme le martèle Dupont. «Leur parcours ne m'étonne pas du tout. C'est une équipe très expérimentée. Disons qu'à Laval, ce sont des mecs qui ont connu la D2. Mais là ce sont plutôt des garçons qui, pour beaucoup d'entre eux, ont joué en Ligue 1...»
La plus grande prudence est donc de mise avant un rendez-vous dans le Vaucluse qui s'annonce chaud bouillant à bien des points de vue. «Déjà, je crains la chaleur qui sévit là-bas en ce moment, lâche Alex Dupont. Les conditions climatiques seront très différentes de celles que l'on connaît en Bretagne. Après, ce sera certainement aussi une rencontre très engagée. Comme on dit, un vrai match d'hommes!» Aux siens de montrer que les espoirs placés en eux en ce début de parcours ne sont pas usurpés.
Désastreux, corrects puis convaincants. Depuis le début de saison, les Nantais progressent à chaque match. Cette trajectoire ascendante ne pouvait pas débuter plus bas après le match catastrophique à Troyes où l'équipe avait touché le fond. Les joueurs ont ensuite sorti la tête de l'eau face à Caen. Trois jours plus tard contre Clermont, ils ont entamé la rencontre timidement avant de séduire en deuxième période.
Qu'en sera-t-il à Vannes? Ce troisième match de championnat fait figure de test. Florian Jarjat approuve: « Vannes c'est costaud et difficile à manoeuvrer, maintenant c'est à nous de continuer à être meilleur », professe le défenseur un temps incertain pour la rencontre, mais finalement présent dans le groupe. « Pensons d'abord à nous, à notre jeu », conseille Gernot Rohr l'entraîneur des Canaris. Oui, sauf qu'en face, les Vannetais ont du répondant. « C'est vrai, c'est une équipe impressionnante, favorite face au grand FC Nantes », glisse le coach nantais.
Les joueurs de Stéphane Le Mignan ont corrigé Metz 3-0 pour la première journée de championnat, avec une charnière Delhommeau-Guillon 100% ex-nantaise. Et ce week-end pour leur première sortie, les Morbihanais ont partagé les points à Nîmes 1-1.
Ce même score avait ponctué le match amical entre le VOC et le FC Nantes en juillet à La Baule. « Quand nous les avons affrontés en amical, nous avons pu voir que c'était une bonne équipe qui s'était procuré plusieurs face-à-face avec notre gardien », rappelle Stéphane Darbion. Le milieu de terrain nantais identifie aisément les points forts des adversaires de ce soir: « Ils ont des arguments devant, surtout avec Sammaritano et Gimbert, qui signe un doublé pour son premier match », souligne, méfiant, l'ex-Ajaccéen.
« Le match de l'annéeà Vannes »
« Vannes, j'ai l'impression qu'ils sont sur la lancée de la saison dernière. Ils sont sur de bons rails. Cela va être un match difficile » pronostique Florian Jarjat. Le VOC a terminé la saison par une finale de la coupe de la ligue et une 10e place en championnat.
Pour leur premier derby de la saison, les Vannetais veulent soigner la réception du voisin Nantais. « C'est le match de l'année pour nous. Le stade sera plein » assure Michel Jestin, le président du VOC. L'avertissement stimule la troupe jaune et verte. « C'est bien ça, c'est des bons matches à jouer » sourit Massamba Sambou avant de se reprendre: « Il faudra rester dans le match, ce qui se dit autour n'importe peu. Notre objectif c'est les trois points, pas de faire le spectacle. »
D'autres, comme David De Freitas, apprécient de recroiser la route d'anciens pensionnaires de la Jonelière. « Ce match va me permettre de revoir Sammaritano et Guillon, ça va être sympa. On sera content de boire un coup ensemble après le match, de revoir les collègues, plaisante-t-il avant de conclure beaucoup plus sérieusement, mais on oubliera tout pendant le match ».
Trois jours après la défaite au Havre (1-0), Alex Dupont avait décidé d'insuffler du sang neuf, en laissant quatre de ses titulaires des premières rencontres sur le banc, à savoir Socrier, Poyet, Bigné et Kantari. Daf suppléant également Bourgis à droite, le Stade brestois débutait donc la partie avec cinq «petits nouveaux» dans le onze. Un pari qui aurait bien pu porter ses fruits très rapidement. Sur un déboulé côté gauche de Lesoimier, Leroy héritait du ballon, mais voyait sa bonne reprise contrée in extremis (4'). Sur le corner, Grougi trouvait parfaitement Lorenzi, dont la tête décroisée flirtait avec le poteau de Marichez (5').
Les affaires bretonnes ne se présentaient donc pas trop mal, mais un mauvais alignement défensif était bien près de tout remettre en cause. Servi dans la profondeur par Pied, Mendy s'échappait pour venir défier Elana, qui se couchait parfaitement pour préserver l'essentiel (6'). C'était parti sur les chapeaux de roue, mais cela allait se calmer tout aussi vite. Hormis une tête de Brou Apanga sur un coup-franc de Grougi (12'), Marichez n'était d'ailleurs plus réellement inquiété. Les Messins ne faisaient pas beaucoup mieux, Johansen et Borbiconi, tout à tour, contraignant tout de même Brou Apanga (25') puis Daf (28') à intervenir dans leur surface.
Roux et Poyet de la tête
Mais ceux qui redoutaient une seconde période aux allures soporifique allaient très vite pouvoir se rassurer. Dès la reprise, Grougi expédiait un coup-franc de 30 m que Marichez parvenait péniblement à dévier sur sa transversale. Sa défense n'avait pas suivi, mais Roux si, l'ancien Lensois concluant de la tête (1-0, 46'). Pas franchement aidé sur ce coup-là, le gardien messin était plus heureux sur un nouveau coup-franc frappé par Grougi (51'). À l'image d'une tête de Roux (59'), les Brestois cherchaient à plier l'affaire. Sans réussite, bien au contraire... Sur un ballon anodin dans la surface, Lorenzi tergiversait. Pied, qui avait senti le coup, grillait la politesse au Corse et ajustait Elana (1-1, 60').
Un cadeau que les Bretons payaient au prix fort. Les hommes de Dupont passaient même tout près de la catastrophe sur un rush de Cissé, mais Daf veillait au grain (75'). Le pire avait été éfvité, et le meilleur était même à venir... Avec, comme souvent, Grougi au coup-franc et, cette fois, la tête de Poyet qui devançait la sortie de Marichez (2-1, 81'). Presque inespéré. Mais certainement pas immérité...
AVERTISSEMENTS. Le Havre : Bonnet (26'), Ben Idir (41'), Hénin (45'+2) ; Brest : Lesoimier (36'), Lorenzi (62'), Ewolo (69'), Poyet (79'), Kantari (85').
LE HAVRE: Placide - Hénin, Kana-Biyik, Gillet (cap), Le Marchand - Anin (Bouadla, 84'), Aït Ben Idir, Alla, Bonnet - Diallo, Nikezic (Baseya, 59'). Non entrés en jeu: Revault (g), Mary, Noro. Entraîneur: C. Daury.
Petite suggestion à la Ligue : après l'uniformisation des ballons, pourquoi ne pas songer, dès que les évolutions techniques le permettront, à uniformiser les pelouses ? Ce ne sont pas les Nîmois en tout cas qui s'en plaindraient, eux qui vont devoir se coltiner, dix-neuf rencontres durant, un gazon catastrophique.
Même sans cela, le Voc s'attendait à souffrir. Mais plutôt que de s'accrocher comme une bernique à un milieu à cinq, Stéphane Le Mignan avait, une fois n'est pas coutume, privilégié la solution offensive en proposant un 3-4-1-2 séduisant. Un schéma tactique qui permettait en outre, avec un bloc positionné plus haut, de profiter de la vivacité de Camara et Reset en contre. Et ce sont d'ailleurs les Vannetais, appliqués notamment à bloquer les couloirs, qui se montraient les plus dangereux en première période. Reset, à la réception d'un centre en retrait de Liabeuf, obligeait ainsi Puydebois à claquer le ballon au-dessus de sa barre (10') puis c'était au tour de Camara, lancé en profondeur par Kamissoko, de solliciter le portier gardois, celui-ci bloquant la frappe cadrée du jeune Vannetais (14'). Deux occasions et une petite frayeur, mais la tête plongeante du Nîmois Sow, sur un service d'Auvray, passait largement à côté de la cage de Benvegnu (45').
Le portier breton sera autrement plus sollicité après la pause. Sur un corner de Djellilahine, Ayité expédiait une tête à bout portant que Benvegnu sortait au prix d'un superbe arrêt réflexe (49'), puis le gardien du Voc était tout heureux de voir une frappe croisée de Djellilahine filer devant sa cage (56'). Le stade des Costières, dans le soleil couchant, ne demandait qu'à s'enflammer, il allait être servi quatre minutes plus tard. Une incroyable passivité de la triplette défensive vannetaise permettait à Ayité de reprendre victorieusement et à bout portant un centre à ras de terre de El Hajaoui (1-0, 60'). Touché mais pas coulé le Voc. Suite à un corner de Faivre et une remise de la tête de Guillon, Mézague mettait à profit sa solitude dans les 6 m pour égaliser de la tête également (1-1, 66'). Les Crocodiles n'ont pas pris gare. Etonnant pour des Nîmois, non ?