Au moment de sa signature pour quatre ans, Michaël Ciani n'avait pas encore rejoint Bordeaux. « Je n'avais pas peur de la concurrence, je savais qu'il me faudrait bosser à l'entraînement pour me faire ma place. » Huit matchs, huit titularisations plus tard, Laurent Koscielny se verrait bien aligner 38 rencontres de L1 cette saison. Ça tombe bien, l'ancien Tourangeau commet un minimum de fautes et est (très) rarement averti. Il n'a pas encore vu le jaune cette saison. Entre-temps, Ciani a signé avec les champions de France bordelais. Aujourd'hui, Laurent Koscielny forme, avec Sylvain Marchal, une charnière centrale très efficace. Et hermétique comme à Toulouse dimanche. « C'est plus facile de progresser quand on a à côté un joueur d'expérience. Je cherche à prendre exemple sur son calme, sur sa façon de gérer son équipe. C'est un leader, à moi de m'en imprégner pour plus tard. » Car Koscielny ne manque pas d'ambitions. Christian Gourcuff, son coach, voit en lui un garçon très équilibré et attentif, un joueur qui a envie d'aller plus haut. À son rythme. Et un garçon qui a envie de rattraper le temps perdu. En juin 2007, il quittait En Avant de Guingamp par la petite porte, lassé qu'on l'aligne dans le couloir gauche. « Ce n'était pas mon poste, les coaches ne m'aidaient pas à être libéré sur le terrain. Au moins, je me suis forgé un caractère. Avec mon agent, nous avons cherché un club qui m'offrirait du temps de jeu. Je voulais jouer une saison complète et pas seulement de temps en temps. » Ce fut Tours, club de National, ce fut aussi un pari gagnant : « Deux balles années. » Et il faut croire qu'il tomba au bon endroit au bon moment. Une accession en L2, un indiscutable statut de titulaire, en à peine plus d'une saison de nombreux clubs s'intéressèrent à ce défenseur central aussi correct qu'efficace : « Il faut parfois être malin et ne pas forcément rechercher l'impact physique. Je privilégie l'anticipation et le placement. » C'est Lorient qui sut se montrer le plus convaincant. Et qui ne le regrette pas ! Après Hoarau la semaine d'avant, il s'est coltiné « Dédé » Gignac dimanche au Stadium. Malgré une entame délicate, Laurent Koscielny a ensuite livré un duel impitoyable à son adversaire : « Il sait faire des contrôles exceptionnels. » Mais ce n'était pas le jour du meilleur buteur du dernier championnat. Quant à Kocielny, il continue de regarder, d'apprendre et de convaincre. Sans trop se poser de questions. « Je suis un peu surpris de mon intégration car il existe une grosse différence entre la L2 et la L1... Mais quand tu es bien dans ta tête, ça t'aide à t'acclimater. Le groupe est sain et les mecs m'ont fait confiance d'entrée. C'est souvent le collectif qui aide à progresser. Ici, je vais pouvoir progresser normalement, sereinement. On pensera à l'avenir plus tard. » Lucide, il ne veut pas se projeter trop en avant. Trop tôt aussi pour évoquer la sélection polonaise (ses grands-parents sont Polonais) qui lui a fait des appels du pied : « Mais cela ne m'engage à rien de demander la double nationalité. » Pour le reste, Laurent Koscielny se contenterait bien de continuer à embêter les autres équipes. « Continuons sur cette lancée, à aller de l'avant. » |