Pour nombre d'observateurs, la réorganisation de la direction sportive et technique du FC Nantes tient de l'information éventée. La reconversion en externe de Christian Larièpe, le repositionnement en interne de Claude Robin, l'émergence de Gilles Favard ont été constatés et commentés dans les gazettes, sans attendre une annonce officielle de la direction du FC Nantes. Il est vrai que celle-ci s'est fait attendre. « De façon délibérée, justifie le président du FCN. Je voulais me donner le temps de la réflexion, laisser passer la période du mercato et permettre à chacun de s'exprimer dans la mission qui lui était assignée. » Au sortir de cette phase de « transition », Waldemar Kita a tranché. « Je suis un homme patient, compréhensif, fait valoir le président, mais je dois avoir un souci d'efficacité pour mon entreprise, pour le club. » Merchadier-Frankowski recruteurs La fidélité en amitié aurait-elle ses limites ? En tout cas, la réorganisation va bien au-delà des seules réaffectations du directeur sportif qu'était Christian Larièpe ou du directeur général en charge du sportif qu'est encore Claude Robin pour quelques semaines encore.« Bien sûr Claude reste au conseil d'administration du club, va évoluer vers un rôle de coordinateur des recruteurs », annonce son président, conscient du peu d'appétence que peut avoir le Vendéen pour les responsabilités administratives. « Mieux maîtriser, mieux voir. » Waldemar Kita résume ainsi la portée de la démarche. Nouvel entraîneur, nouveau responsable du centre de formation, nouveaux éducateurs et nouveaux joueurs, cellule recrutement à laquelle l'ex-joueur nantais et international polonais Krzysztof Frankowski et l'ex-Stéphanois Alain Merchadier sont intégrés aux côtés de Bernard Blanchet : la réorganisation du secteur sportif et technique s'est d'abord concrétisée par ces changements. Une feuille de route pour Larièpe « C'est plus facile pour moi de discuter avec des gens qui ne me regardent pas avec défiance », défend Waldemar Kita en mettant en avant « le besoin d'hommes ambitieux, honnêtes, travailleurs, créatifs, sérieux, attachés à la discipline, pédagogues ». Et de souligner la « nécessité de se remettre en question, d'apporter des corrections et des changements pour ne pas commettre les mêmes erreurs ». Avec une promesse qui résonne comme un avertissement : « ils vont être jugés par rapport à leur efficacité et leurs résultats. » Une évaluation dont Christian Larièpe a déjà fait les frais, même si Waldemar Kita réfute toute idée de « sanction ou punition » et conteste « toute mésentente » entre membres de sa garde rapprochée. « Être plus efficace, justifie le président nantais, passe par une implication de chacun en fonction de son savoir-faire. » Et celui de Christian Larièpe relève plus du recrutement des jeunes et de la formation. « Il va donc être un consultant extérieur qui aura pour mission de repérer des jeunes en France et à l'étranger. Nous lui fixerons une feuille de route. » Intervenant désormais extérieur, Christian Larièpe n'en sera pas moins soumis à une obligation de résultats. « Si cette collaboration ne donne pas satisfaction, on arrêtera »prévient Waldemar Kita. Favard, le Lacombe nantais Privé de directeur sportif, le FC Nantes réorganise donc sa direction sportive et technique autour d'un duo d'entraîneur-formateur (Rohr-Bonnevay) « qui a noué une vraie complémentarité dénuée de toute rivalité. À leurs côtés et aux miens, explique WK, il y aura mon fils Franck et Gilles Favard. » L'ex-collaborateur de Claude Bez, président des Girondins de Bordeaux dans les années 80, nouveau directeur sportif du FCN ? « Gilles Favard intègre la cellule technique, tout en restant un intervenant extérieur au club, corrige Waldemar Kita. Il sera mon conseiller, un peu comme l'est Bernard Lacombe auprès de Jean-Michel Aulas à Lyon, mais il ne sera pas salarié du club. » Pas encore ! « C'est mon souhait et le sien. Il faut qu'on apprenne à se connaître. » Dans le rôle de chef d'orchestre qu'il revendique, Waldemar Kita sait qu'il n'a pas droit à de nouvelles fausses notes. |