La chaleur peut-être, un climat pesant plus sûrement, une pelouse indigne aussi, souvenir d'un Stade Toulousain - Stade Français récent. Le Stadium a dû attendre longtemps pour sortir de sa torpeur. Une percée de Sissoko (17') provoquait une première clameur. « Le terrain ne permettait pas de mettre le ballon à terre, de développer un jeu fluide,analysera Christian Gourcuff. C'était d'autant plus pénalisant pour nous que nous présentions un déficit athlétique. L'objectif était d'éviter les duels. » Le but était aussi d'empêcher Etienne Didot et consorts de développer leur jeu, d'alimenter l'imprévisible « Dédé » Gignac en ballons propres, avec un pressing assez haut. D'où un spectacle qui ne fut guère à l'honneur. Les Toulousains tentèrent bien d'appuyer sur l'accélérateur avant la pause. En pure perte.« Fabien Audard est un grand gardien, leur charnière centrale a fait un très grand match. » Beau perdant, Alain Casanova reviendra sur le petit coup de gueule poussé à la mi-temps. « Malgré une première période médiocre, on n'a pas concédé d'occasions. Ensuite, on met du rythme et on se crée trois ou quatre situations pour ouvrir le score. Ce scénario est injuste et cruel mais en ce moment on n'est pas aidés. Mais c'est le foot, c'est comme ça. » À la pause, le score était donc nul et vierge. À l'image d'un premier acte joué au frein à main et sans changement de rythme, une période caractérisée par une multitude de pertes de balles de part et d'autre. La pelouse du Stadium y était pour beaucoup. Malgré quatre absences, un visage new-look et une victoire arrachée dans les derniers instants sur une faute provoquée par Jonas Sakuwaha et un penalty frappé en force par Olivier Monterrubio, Gourcuff ne bombait pas plus le torse que ça : « Avec 14 points, c'est surtout bien dans l'optique du maintien. On va pouvoir continuer à travailler sereinement et entretenir cette très bonne ambiance de travail qui nous permet d'augmenter notre compétitivité en matches. » Le motif majeur de l'entraîneur lorientais était la solidarité affichée par ses joueurs de la première à la dernière minute. « On a été remarquable sur le plan de l'organisation. Et pas que les cinq de derrière, qui ont fait front dans une partie de gagne-terrain ! Dans un match comme ça, il est difficile de retirer des individualités. Olivier Monterrubio et James Fanchone ont effectué un gros travail de harcèlement sur leur défense, Pierre Ducasse et Arnold Mvuemba ont été performants dans la récupération et dans la remontée de balle pour Arnold. La rentrée de Jonas Sakuwaha a apporté un plus. Sur la fin, on sentait que le match pouvait basculer d'un côté comme de l'autre. Le tout avec une équipe expérimentale. » Christian Gourcuff glissera qu'il partait un peu dans l'inconnu. Avec cette escouade de guerriers, souriants et appliqués, solidaires et ambitieux, il peut regarder l'avenir avec confiance. La coupure, liée aux matches de l'équipe de France, permettra de récupérer des forces vives. |