La défaite est lourde et pourrait paraître sévère au regard du début de saison vannetais. Et pourtant, à y regarder de plus près, elle n'est que l'illustration des maux qui hantent l'effectif morbihannais, version 2009-2010. Certes, il ne s'agit pas de tomber dans le catastrophisme, pas plus qu'il ne s'agissait de s'enthousiasmer au soir d'une victoire flatteuse à Sedan. Mais juste de tenter de dresser un constat lucide sur certains manques à l'approche du quart du championnat. Lacunes techniques Un but casquette à Avignon, des buts offerts à Clermont en Coupe de la Ligue ou face à Ajaccio vendredi. Voilà des erreurs qui commencent à coûter cher au niveau comptable. De quoi en tout cas se poser de légitimes questions sur le niveau réel des Morbihannais.« C'est (le revers face à Ajaccio) une lourde défaite, mais elle n'est pas injuste étant donné les grossières erreurs que nous avons commises. Peut-on faire mieux dans le jeu ? », s'interrogeait d'ailleurs Stéphane Le Mignan. « Malgré de bonnes intentions, nos lacunes à ce niveau nous ont été fatales. On amène les adversaires à mener au score et après, à 2-0 à la mi-temps, le match est clos. Caen peut, peut-être, remonter un tel écart, Nantes aussi, mais pas Vannes. Certains rêvaient peut-être du haut de tableau, mais on joue le maintien et rien d'autre. » Si le manque de liant dans l'animation offensive n'a pas été trop préjudiciable au Voc, le moindre relâchement défensif se paie en revanche cash. D'où l'impression de voir, tout d'un coup, l'édifice tout entier fragilisé. Manque de complicité « Le groupe vit bien. » Tout journaliste sportif a déjà entendu une telle sentance, propre à décourager toute question inopportune sur la complicité qui unit les joueurs d'une équipe. Mais est-ce le cas à Vannes ? Bien sûr, l'atmosphère générale qui se dégage est plutôt sereine et bon enfant. Mais lorsqu'un joueur s'interroge sur la complicité de deux de ses partenaires ou qu'un autre désaprouve l'attitude d'un troisième, on sent poindre quelques incompréhensions. Or, comme dans toute entreprise humaine, une équipe de football a besoin d'une large communication. Une relation de confiance qui se construit sur et hors du terrain, les deux allant généralement de pair. « On manque d'automatismes, c'est flagrant, reconnaissait ainsi Laurent Hervé, il n'y a qu'à regarder nos manques dans les relations techniques sur le terrain. C'est une question de feeling et cette complicité se construit aussi, bien sûr, hors du terrain. » D'où les problèmes de communication sur le carré vert. « On doit travailler dans ce domaine-là, renchérit Le Mignan, car si sur d'autres rencontres cela n'a pas eu de conséquence, face à Ajaccio, cela s'est à chaque fois traduit par un but. » Guimbert dépendance C'est le « monsieur 50 % » du Voc. Avec six buts pour douze réalisations vannetaises en championnat, il est pour beaucoup dans la 8e place de L2 détenue par l'attaque morbihannaise. Son entente avec Frédéric Sammaritano, notamment, a souvent été payante mais, en l'absence de ce dernier vendredi, le rendement offensif du Voc a été moindre. Malgré les efforts conjoints de Dja Djédjé et Camara, Vannes n'a que trop rarement mis la défense corse hors de position. Muselé, Gimbert n'a cette fois pas pu débloquer la situation. Une situation que le Voc lui-même a contribué à rendre bien compliquée... |