Entretien
Laurent Pokou, depuis quand n'étiez-vous pas revenu à Rennes ?
Je n'étais pas revenu à Rennes depuis le Centenaire du club en 2001. J'étais venu en Europe pour la Coupe du Monde en Allemagne, mais je n'avais pas eu le temps de faire un tour ici. Aujourd'hui, je suis en France dans le cadre d'une invitation adressée par la ville de Cergy-Pontoise qui inaugurait un stade Salif Keita, cette semaine.
Que devenez-vous ?
Je suis à la retraite, et je fais partie de la Fédération ivoirienne de football, dont je suis membre actif.
Comment qualifiez-vous le lienqui vous unit à Rennes ?
Le Stade Rennais c'est une partie de moi-même. Et je voudrais à cette occasion remercier les Bretons qui m'ont apporté un soutien inconditionnel à l'occasion de la bastonnade que j'ai eu avec les policiers (NDLR : l'an dernier, Laurent Pokou avait été tabassé lors d'un contrôle de police à Abidjan). Donc, quand on m'a proposé de venir ici, ce week-end, je n'ai pas hésité. C'est un peu comme retrouver ma famille bretonne.
Rarement un joueur aura autant marqué l'histoire d'un club,vous vous en rendez compte ?
Ce n'est à moi de le dire. Je pense que j'ai pu apporter au Stade Rennais et aux Bretons, un temps soit peu de ce que je pouvais donner. S'ils en ont gardé un bon souvenir, tant mieux. La Bretagne c'est une partie de moi-même et je ne cesserai jamais de le dire, et je suis fier d'y retourner, tant que j'aurai la santé.
Vous suivez toujours les résultats du Stade Rennais...
Je suis les résultats, bien sûr. J'ai vu notamment le match à Bordeaux, perdu 1-0. Ils pouvaient mieux faire. Je pense que Rennes devrait jouer une coupe européenne, et quand je vois les moyens et les installations, je dis qu'il faut qu'ils aient de l'ambition. Un cran au-dessus en tout cas.
Vous devez le trouver bien changé le Stade Rennais en trente ans ?
Oui. Quand je vois tout ça, j'ai envie d'avoir 17 ans, à nouveau (rires). Si on avait eu ces conditions de travail. Mais bon, il faut toujours des gens pour tracer la voie de la réussite pour d'autres, hein, c'est la vie. Aujourd'hui il appartient à la jeunesse de prendre son destin en main.
On dit que vous préparezvotre jubilé...
Une association s'est créée, à Rennes autour de Jean-Yves Augel, pour préparer mon jubilé. Mais je ne peux pas trop en parler encore car cela n'a pas encore pris corps. Le moment venu, on en parlera. Mais j'y songe, et je voudrais que ce soit à Rennes.
Rennes, c'est le club de votre carrière ?
C'est le club de ma vie. Cela veut tout dire.
Vous reste-t-il un ou deux souvenirs très forts ?
Quand je suis arrivé au Stade Rennais, le club était sur le point d'être relégué. J'ai fait mon premier match à Troyes, on a gagné 2-1, et j'ai marqué. Et puis le deuxième match, ici à domicile contre Lyon, avec Domenech... C'était la première fois que je jouais devant mon public, qui voulait me voir. On avait gagné 1-0 et c'est moi qui avait marqué le but. Ou encore, quand on a reçu ici le grand Saint-Etienne qui venait de battre Hadjuk Split, 5-1. Nous les avons battus 1-0, et j'avais encore marqué le but. Ce sont des souvenirs qui restent gravés dans ma mémoire.
Vous jouez encore au foot ?
De temps en temps, pour me décrasser, pour maintenir la forme... mais j'ai 62 ans, ce n'est pas 62 jours hein... (rires).