Il y a des soirs comme ça, où tout s'embouque mal. Ou la seule loi qui règne pour vous c'est celle de Murphy, celle des emmerdements maximum. Mais au fond, quand cette succession de déconvenues survient, c'est toujours parce que vous y êtes un peu pour quelque chose. Quand la tartine tombe par terre du coté beurré, c'est d'abord parce que vous l'avez lâchée. Si Pedretti a pu remarquablement tromper Douchez à la 16e minute, c'est d'abord parce que le coup-franc était bien placé. Et s'il était bien placé, c'est parce que la faute grossière avait été commise juste devant la surface. Et si cette faute a été commise, c'est parce que Bocanegra était battu à la régulière. Et s'il était battu à la régulière, c'est parce qu'il n'avait pas joué le hors-jeu sur Oliech. Tout s'enchaîne dès la première erreur. On appelle ça aussi, l'effet papillon. Petite cause grosse conséquence. Dès la 16e minute, Rennes s'est donc trouvé mené au score et s'est retrouvé à dix pour finir la rencontre. Match à l'envers Revenons au tout début. Car tout commence dès le début. « On a pris le match à l'envers, et on n'a jamais réussi à le remettre à l'endroit. Notre entame a été catastrophique. Pendant les vingt premières minutes, on a perdu tous nos duels, on a toujours subi et il est arrivé ce qui est arrivé... » Vingt minutes, les plus mauvaises depuis l'arrivée du coach rennais, de son propre aveu. Après, face à une équipe auxerroise qui n'en demandait pas tant pour se refaire la cerise, tout est effectivement devenu plus compliqué. Que faire pour redresser le tir. Sortir Marveaux, pour le remplacer par Danzé ? Puis sortir Kembo-Ekoko, pourtant assez remuant, pour le remplacer par Sow ? « Ces deux joueurs n'ont, de mon avis, pas tout à fait le profil pour jouer à 10 contre 11, où il faut tout le temps courir après le ballon. J'assume mes choix », commentait sobrement Antonetti. Faire rentrer Tettey, à court de rythme, à la place de Lemoine, pourtant précieux dans le pressing ? « J'avais besoin de quelqu'un pour faire la différence balle au pied et créer des décalages. Tettey a des qualités pour ça. » On veut bien le croire, mais on n'a pas pu le constater hier soir. Fréderic Antonetti, qui avait fixé des objectifs de points à son équipe l'a reconnu sans fard :« Ce soir c'est un coup d'arrêt. Un vrai. » Pour se remettre de cette soirée catastrophique, les Rennais ont quinze jours. « C'est d'ailleurs ce qui m'ennuie le plus. Douze joueurs vont partir en sélection, et on va être quinze jours sans match. Donc, ça va être plus compliqué. » Le rendez-vous lillois sera déjà un tournant dans la saison. Avec trois joueurs importants suspendus (Mangane, Bocangera et Lemoine), cela risque effectivement d'être encore plus compliqué... |