 Il avait crevé l'écran, il y a deux ans en finale de Gambardella au Stade de France. Par sa lourde frappe de 25 m, certes, mais aussi par la maturité physique et technique qu'il dégageait à son âge.
Ces dernières années, lorsqu'ils évoquaient la nouvelle génération rennaise, les observateurs avisés et consultants patentés des chaînes de télévision, évoquaient essentiellement Damien Le Tallec. Le frère de son frère enquillait les buts chez les jeunes et attirait tous les regards. Pourtant, au sein des formateurs du club rennais, on préférait citer Yann M'Vila.
Lors de l'arrivée de Guy Lacombe, en 2007, quelques-uns promettaient d'ailleurs à l'Amiénois des apparitions dans le groupe pro en fin de saison. « Il a déjà le gabarit de la Ligue 1, c'est lui le plus prêt » confiait, à l'époque Patrick Rampillon, patron du centre. Et, pourtant dix-huit mois plus tard toujours rien sur le CV. Pas la moindre petite apparition chez les pros.
Désir d'avenir... ailleurs
« On m'avait promis que je serais un peu plus dans le groupe l'an passé et ça ne s'est pas fait, donc j'ai été déçu, et j'ai perdu confiance en moi » confie aujourd'hui le Rennais.
À 19 ans, comme presque tous les joueurs de son âge, l'impatience le mine. Au point d'avoir imaginé partir ? « Oui, un peu. En fin d'année, je ne savais plus quoi faire. J'ai cru que Rennes ça ne servait plus à rien, je voulais partir en prêt. Je ne pensais pas que la Ligue 1 serait pour moi tout de suite vu que je ne m'entraînais même pas avec les pros ».
Il ne le cite pas, mais il pense fort à Guy Lacombe. « Monsieur Dréossi m'a dit d'attendre. Qu'il y aurait un nouveau coach et que tout le monde aurait sa chance. Il m'a dit certaines choses, et il l'a fait, donc j'ai retrouvé confiance. » Sept autres jeunes du groupe espoir partent s'aguerrir en Ligue 2, voire, chez un promu de Ligue 1 (Dembélé). Lui, reste dans le groupe pro : un signe.
Sa première apparition a lieu dans la chaleur étouffante de Nice. Onze minutes. Puis, pour pallier à l'absence d'Inamoto, suspendu, Antonetti le titularise au match suivant pour la venue de Marseille. Gros match, sans complexe. Juste le temps d'observer Niang, qui l'impressionne un peu, et de pouvoir se frotter à Stéphane Mbia à qui il est appelé à succéder.
Car c'est bien ce que l'on attend de lui : apporter son impact athlétique aux côtés de Fabien Lemoine, ou d'un autre. « M. Dréossi m'a beaucoup parlé. Il m'a demandé d'être agressif, de montrer mon caractère. Pas jusqu'à prendre des rouges, non plus, dit-il en riant. Mais d'être un peu comme Stéphane Mbia... Par exemple, si je vais au contact, il faut que l'adversaire n'ait pas envie de revenir une 2e fois. Il faut qu'on ait peur de moi, en gros... »Pour le moment, ceux qui peuvent craindre quelque chose de lui sont ceux qui risquent de perdre leur place... |