L'affiche de cette septième journée oppose, ce soir à Chaban-Delmas, les deux meilleures attaques de Ligue 1. Si ce n'est pas une surprise de retrouver les Girondins en tête de ce classement, ça l'est un peu plus pour le Stade Rennais. La résultante, sans doute, du fait que Rennes est l'équipe de L1 qui frappe le plus souvent au but depuis le début du championnat (99 fois) devant Lyon (97). « Ce n'est pas une stat que je prends vraiment en compte, nuance cependant le nouvel entraîneur rennais. Les chiffres, on leur fait dire ce qu'on veut. Si dans ce calcul, on comptabilise la frappe de 35 m qui n'a aucune chance de rentrer, ça ne veut plus dire grand-chose. » Ce n'est pas faux. Lille arrive ainsi à la troisième place de ce classement (92). Sans pour autant décoller de la deuxième moitié du tableau. « Je préfère qu'on fasse la stat sur les occasions, poursuit Antonetti. Elles ne se terminent pas forcément par un tir au but, mais cela veut dire qu'à un moment donné, on a réussi à déstabiliser l'équipe adverse. » Dans ses statistiques, la LFP ne répertorie pas encore les occasions. Mais si c'était le cas, nul doute que les Bretons figureraient également en bonne position. Car c'est un fait, depuis l'arrivée de Frédéric Antonetti, Rennes pratique un jeu beaucoup plus offensif. Gyan : « Lacombe était plus défensif » Sur le terrain, pourtant, la position des joueurs ne diffère guère du schéma mis en place par Guy Lacombe. Comme son prédécesseur, le Corse s'appuie sur quatre défenseurs et deux milieux récupérateurs. Quatre joueurs à vocation offensive sont chargés de l'animation devant le but : un organisateur (Leroy), deux ailiers (Bangoura et Marveaux) et une pointe (Gyan). Par contre, les intentions sont totalement différentes. « Antonetti, c'est le premier coach qui me donne l'autorisation de monter sur les corners ! », rapporte Romain Danzé pour expliquer ce nouvel état d'esprit qui anime les Rouge et Noir. « Les deux coaches sont totalement différents, poursuit Asamaoh Gyan, meilleur buteur rennais avec déjà quatre réalisations. Guy Lacombe était plus défensif, Antonetti est plus offensif. Il n'a pas peur, il joue pour gagner. Après, chacun fait ce qu'il estime être le mieux pour l'équipe. Mais en tant qu'attaquant, vous comprendrez lequel je préfère... » Comme l'ensemble de ses partenaires, Gyan semble beaucoup plus épanoui dans cette nouvelle organisation. Après Gignac, le Ghanéen est le deuxième joueur de L1 à frapper le plus souvent au but cette saison. « Attention, le coach ne demande pas de tirer de n'importe où et n'importe comment, explique Fabien Lemoine. Mais s'il y a plus de tirs, c'est qu'il y a plus d'occasions. On amène mieux le ballon devant les buts. Offensivement, on a réussi à faire de bons enchaînements en partant de derrière, en trouvant les lignes intermédiaires. » Le départ de Stéphane Mbia, conjugué aux principes de Frédéric Antonetti, a modifié la façon des Rennais d'évoluer sur le terrain. « Plutôt que de jouer long, et essayer d'avoir les deuxièmes ballons, le coach nous demande de jouer dans les pieds. C'est plus simple, car on a moins de joueurs à potentiel athlétique. Et on prend énormément de plaisir à jouer », explique Lemoine, véritable poumon du milieu de terrain. Un milieu à trois, où il y a énormément de mouvement. « C'est ce que le coach nous demande pour perturber l'adversaire, ajoute le « Toulalan » rennais. Parfois, c'est même Jérôme (Leroy)qui vient chercher les ballons. On a ainsi à peu près tous le même rôle, de récupérateur/relayeur, pour se projeter vers l'avant. » Ce sera le cas, ce soir, à Bordeaux. Champion de France ou pas, favori ou pas, le Stade Rennais version Frédéric Antonetti n'entend pas renier ses principes. Il ira en avant ! |