Les Lorientais sont sortis des vestiaires avec le sentiment d'un travail inachevé. Certes, les Merlus ont chipé un point au passage, mais ils en ont surtout perdu deux. Cela ne change pas grand-chose au classement, puisque Lorient (9e) reste à une unité du PSG (6e). Seul le public a gagné dans cette histoire. Car ce fut une belle soirée de foot qui devrait faire revenir le public en nombre au Moustoir. « Un excellent match, une domination outrancière », c'est venu tout seul de la bouche de Christian Gourcuff, ravi de la prestation de son équipe. « Il nous a manqué les jambes pour concrétiser notre prestation. On a vu du foot. Quand on domine et qu'on ne gagne pas, c'est frustrant, mais il faut savoir se détacher du résultat. » La première mi-temps lorientaise fut grandiose et Mvuemba a signé un chef-d'oeuvre pour marquer le premier but de la partie, grâce au travail de tous ses équipiers, avec Vahirua puis Gameiro mis à contribution dans la dernière passe. « On a vu un peu de déchets en première mi-temps, mais on avait le contrôle du match, soutenait Gourcuff, heureux du travail réalisé aux entraînements et mis en pratique au Moustoir. Cela correspond à ce qu'on demande de faire. Quand on joue comme cela, on a la capacité de faire tomber Paris. » Seulement, quand Lorient a mené au score, les Morbihannais ont fait preuve d'un léger relâchement et Hoarau et ses partenaires en ont profité, « après une accélération de Sessegnon. Mais c'est avant, dans la gestion du ballon, que nous sommes fautifs. Et sur un rush, ils sont capables de faire la différence. » Car la défense lorientaise n'a pas su remonter le ballon comme il le fallait et s'est fait prendre en contre. « Mais on est capable de se faire plaisir. Après, pour le classement, on verra. » Nul doute qu'après les rencontres achevées face à Lyon et Nancy, Lorient affiche de la qualité « et monte en puissance. Il va falloir continuer sur cette voie-là. » Enfin, le coach morbihannais, qui purgeait son deuxième match de suspension dans les tribunes, n'a pas mâché ses mots après M. Ennjimi : « Je n'ai rien après Makelele, mais c'est lui qui siffle sur le terrain ? On lui met un jaune quand on voit la blessure du joueur... C'est à l'arbitre de faire respecter les règles. Heureusement que j'étais dans les tribunes, car sinon, je n'aurais jamais terminé le match sur le banc. » Mais l'entraîneur lorientais ne souhaitait pas polémiquer outre mesure. Préférant s'attarder sur ce bon match, même si Gameiro, touché à la tête du péroné, est sorti sur une civière en fin de partie. « On est déçu, Paris repart avec un point, on en perd deux, mais on est satisfait de notre match. On a su produire du jeu et être solide. C'est de bon augure pour la suite », concluait Sigamary Diarra. L'entraîneur parisien ne démentait pas. Antoine Kombouaré s'était déplacé pour prendre les trois points en Morbihan. Et, finalement, il était satisfait « du point pris. Un nul heureux,confiait même l'ex-Valenciennois, conscient que le résultat devait pour beaucoup à la grande performance du gardien parisien, Grégory Coupet. On est tombé sur une belle équipe de Lorient. Les Lorientais nous ont causé beaucoup de problèmes, dans notre manière de défendre ou pour poser notre jeu. Lorient a effectué un gros pressing et jouait très vite vers l'avant. Quand vous courez après le ballon, ça devient compliqué. C'est un bon point de pris à l'extérieur », terminait l'entraîneur parisien. Pour Lorient, il faudra donc récidiver à Toulouse dimanche prochain, dans le jeu et dans le résultat, ce ne serait pas un luxe non plus. Olivier ABAUTRET. Kevin Gameiro, victime d'un vilain tacle par derrière de la part de Mamadou Sakho dans le temps additionnel, n'a pas fini la rencontre. Mais les nouvelles apportées par Christian Gourcuff, son entraîneur, se voulaient plutôt rassurantes : « C'est un coup sur le péroné, il n'y a pas d'inquiétude particulière. » |