Le FC Nantes est revenu à hauteur du Stade Malherbe de Caen pour lui ravir, provisoirement, la casaque de leader de la Ligue 2. Une victoire sur Nîmes (2-1), la 4e en quatre matches à la Beaujoire depuis le début du championnat, conforte son statut de gros bras de la division. Pas de quoi, toutefois, justifier la notoriété mondiale dont s'apprête à jouir le club de Waldemar Kita. Depuis hier soir, le FC Nantes affole les compteurs des sites de vidéo-partage grâce au but express et en même temps gag inscrit par Rémi Maréval. Express, car le temps d'un coup d'envoi, de deux à trois passes, d'un tir de plus de 60 m et d'un rebond capricieux, Nantes a mené 1-0. On jouait depuis à peine dix secondes. Gag, car le gardien de but nîmois Nicolas Puydebois, trompé par le rebond aérien, s'est inutilement fendu d'une parade casquette pour devenir une vedette du Net. Au-delà de l'anecdote, ce but a évidemment pesé sur les débats. Les Nîmois de Jean-Michel Cavalli ont vainement tenté de combler ce handicap. Un handicap d'ailleurs vite doublé, puisque Darbion a corsé l'addition dès la 17'. Mais alors qu'ils auraient pu sinon dû lâcher le match, les Gardois ont fait montre de grosses qualités mentales. « Certains ont pensé que je faisais de l'obsession en vantant les qualités de cette équipe nîmoise, a eu beau jeu de rappeler Gernot Rohr. Elle a été agressive, bien en place, organisée et dangereuse comme je l'avais annoncé. » « On a encore beaucoup de travail » Des qualités suffisantes pour dérégler une mécanique nantaise loin de tourner comme une horloge. « On a encore beaucoup de travail, convient l'entraîneur du co-leader, et notamment apprendre à gérer un 2-0. » Une manière de dénoncer l'offrande de la réduction du score dont s'est rendue coupable son équipe. « On a relancé notre adversaire, quand on aurait dû se mettre définitivement à l'abri, tance le Franco-Allemand. On n'a pas bien géré le remplacement de Papa Malick Ba (sorti sur blessure aux adducteurs dans le temps addtionnel de la 1re période). On aurait dû mettre le ballon en touche... au lieu de ça, on prend un but qui fait mal juste avant la pause. » Mais heureusement pour Darcheville et ses partenaires, les Nîmois se sont montrés incapables d'effacer la totalité du handicap. « Et c'est la leçon qu'il faut retenir, s'est désolé Jean-Michel Cavalli, l'entraîneur gardois. On a fait au moins jeu égal sur l'ensemble du match et, en 2e période, le minimum aurait été qu'on en mette un de plus. Mais on n'a pas été décisifs. » Et l'entraîneur des Crocodiles de déplorer « au moins 3 occasions très nettes » et surtout « un but de trop à l'arrivée ». De son côté, sans s'illusionner sur les insuffisances de son groupe, Gernot Rohr a mis en avant « les 3 points de la victoire. Et si on veut monter, il faut des points comme ça. » Et l'entraîneur nantais de mettre en exergue « les 4 points d'avance que nous avons sur le 4e » plutôt qu'une « place de leader qui ne m'intéresse pas ». Une façon, sans doute, de convenir, que l'équipe nantaise n'a pas encore le jeu, ni l'étoffe d'un leader. Trop de buts, trop de cartons, trop d'occasions gâchées, trop de déchets techniques, trop d'approximation tactique... |