Sur la Canebière ou sur les bords de la Vilaine, les choses ont bougé cet été. Deschamps à l'OM et Antonetti à Rennes ont débarqué avec leur vision du football. Tous deux ont profité de la préparation pour mettre en place des systèmes de jeu en 4-3-3. « J'ai toujours aimé faire évoluer des attaquants sur les côtés », rappelle Frédéric Antonetti. L'idée du coach rennais est donc de s'appuyer sur ce qui se faisait de bien l'an dernier (Rennes était l'une des meilleures défenses du championnat), tout en apportant un plus dans le secteur offensif. À Marseille, le potentiel offensif était déjà présent. En revanche, sur le plan défensif et athlétique, la formation olympienne éprouvait certaines carences. « J'ai fait en sorte de renforcer l'équipe dans des secteurs où il y avait des manques », souligne Didier Deschamps. Visiblement cela a payé puisque l'équipe marseillaise est la seule formation à s'être imposée deux fois sans encaisser de but. Ce soir, route de Lorient, il faudra donc des attaquants en grande forme pour faire sauter les verrous défensifs. Deux hommes seront particulièrement à surveiller. Bangoura côté rennais et Niang côté marseillais. « Ce sont deux garçons capables de faire basculer les matches », estime Frédéric Antonetti. Deux attaquants axiaux de formation, repositionnés sur un côté, qui ont toujours soif de buts. Et qui devraient être largement servis par les systèmes mis en place cette saison par leur coach respectif. Bangoura a des rêves de podium À Rennes, après s'être montré prudent sur son objectif personnel à son arrivée, Ismaël Bangoura ne se cache plus. « J'espère figurer dans les trois meilleurs buteurs du championnat, lance-t-il. Sur le plan collectif, j'aimerais bien décrocher la Ligue des Champions avec Rennes ». En clair, l'international guinéen a des rêves de podium. Arrivé tardivement de Kiev au milieu de la préparation, Ismaël Bangoura a mis six minutes pour lancer sa saison avec un but de toute beauté. Mais au-delà du geste, c'est surtout sa capacité à éliminer son ou ses adversaires directs qui a séduit. « En arrivant, je ne me suis pas posé de question. Je me suis dit qu'il fallait surtout être fort dans la tête. Mon passage à Kiev m'a beaucoup apporté sur le plan tactique et physique. Depuis Le Mans, mon jeu a changé et je pense être plus efficace aujourd'hui ». L'efficacité de Bangoura, associé à Gyan et Marveaux sur le front de l'attaque rennaise, sera sans aucun doute l'une des clés du match, ce soir. Niang : d'utile à indispensable L'autre clé sera bien sûr la capacité de la défense rennaise à museler l'escouade offensive olympienne. Et en premier chef, le pivot que constitue Brandao. « Ce joueur a changé le jeu marseillais lorsqu'il est arrivé en janvier, précise Frédéric Antonetti. C'est un point d'appui qui met en valeur les autres joueurs ». Le principal bénéficiaire de cette valorisation est Mamadou Niang, passé du statut de joueur utile à indispensable. Promu capitaine par Didier Deschamps et fort d'un bilan de 74 buts toutes compétitions confondues en quatre ans à l'OM, il s'est imposé comme l'un des piliers de l'attaque marseillaise. Plutôt dans l'axe en début de saison dernière, il a ensuite glissé sur le côté gauche à l'arrivée de Brandao. « Ce n'est pas particulièrement mon poste, explique le premier buteur de la saison en L1 (2e minute à Grenoble). Mais avec le 4-3-3, on n'a pas de poste fixe et on a toute liberté pour permuter à droite et dans l'axe. C'est à nous d'animer le jeu en changeant de position. » Exactement la même mission confiée à Ismaël Bangoura côté rennais. Il y aura donc un match dans le match entre les deux hommes pour ce 43e Rennes - Marseille de l'histoire. |